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De la clinique à la salle de classe : comment la formation aux préposées et préposés aux bénéficiaires m’a fait découvrir un rôle infirmier dont j’ignorais l’existence

  
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« Aux infirmières et infirmiers qui envisagent d’enseigner à la cohorte étudiante aspirant au métier de PAB, mon conseil est simple : lancez-vous! »

Par Hamsha Mahalingasivam
21 septembre 2026
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istockphoto.com/SDI Productions
Soutenir la formation des PAB n’est pas un éloignement de la pratique infirmière, c’en est un prolongement.

Lorsque j’ai fait la transition entre les soins infirmiers cliniques et l’enseignement en soins de santé il y a plus de dix ans, c’était pour former la cohorte étudiante qui aspirait au métier de préposées ou préposés aux bénéficiaires (PAB).

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Gracieuseté de Hamsha Mahalingasivam
« Les PAB sont depuis longtemps des partenaires essentiels dans de nombreux milieux de soins. En tant que membres du personnel infirmier, nous avons la responsabilité de veiller à ce que les PAB reçoivent la formation selon des normes élevées de sécurité, d’éthique et de compétence, car nous travaillons à leurs côtés pour prendre soin des mêmes patients », explique Hamsha Mahalingasivam.

Aux infirmières et infirmiers qui envisagent d’enseigner à la cohorte étudiante aspirant au métier de PAB, mon conseil est simple : lancez-vous! Si vous valorisez ces membres essentiels de l’équipe soignante, si vous aimez enseigner et si vous souhaitez faire appel à votre expérience infirmière pour plaider en faveur d’une excellente prise en charge des patients, un poste dans la formation aux PAB pourrait constituer une prochaine étape enrichissante.

Là où tout a commencé

Ma décision de me lancer dans la formation des PAB est née d’une expérience au chevet des patients qui a bouleversé ma conception du rôle des PAB et de la responsabilité qu’a le personnel infirmier de les soutenir.

À l’époque, je travaillais dans un service de médecine et de radio-oncologie en soins intensifs. L’enseignement n’avait jamais fait partie de mon plan de carrière, et je ne prévoyais pas de quitter mon rôle au chevet des patients. Mais une expérience a remis en question mon cheminement et m’a incitée à réfléchir différemment à la façon dont les infirmières et infirmiers peuvent influer sur les soins au-delà de leurs rôles cliniques immédiats. Avec le recul, cela a marqué le début d’une nouvelle orientation professionnelle.

La préposée aux bénéficiaires qui a influencé ce changement d’orientation avait été embauchée par la famille d’un patient en phase terminale d’un cancer. Elle avait été appelée pour apporter du soutien personnalisé pendant la nuit, car notre service manquait de personnel et la famille comprenait que le personnel infirmier ne pouvait pas rester en permanence au chevet. Je m’occupais de plusieurs autres patients et sa présence faisait en sorte que le patient dont elle avait la charge recevait des soins bienveillants et empreints de compassion.

Elle venait d’une agence, embauchée par la famille qui avait déjà commencé à faire son deuil. Elle est arrivée pour ce premier service de nuit, posée, brillante et d’une grande expertise. Alors que nous nous occupions du même patient tout au long de la semaine, elle a commencé à me parler d’une profession souvent méconnue, sous-estimée et invisible, mais qui était essentielle aux soins des patients. Nos conversations m’ont faire prendre conscience d’un besoin jusque-là méconnu : celui d’un soutien accru à la formation des PAB.

Elle m’a parlé en toute franchise de ses compétences, du manque de soutien pendant sa formation, et de la condescendance dont elle avait fait l’objet dans certains établissements de soins. Elle a insisté sur la nécessité d’une formation complète et d’un plaidoyer plus fort en faveur des PAB au sein du système de soins de santé. Elle a notamment évoqué le rôle que les membres du personnel infirmier pourraient jouer pour soutenir la formation et le perfectionnement professionnel des PAB.

En plein milieu de la préparation des perfusions, je me suis arrêtée à cette dernière remarque. Je lui ai demandé de m’expliquer plus en détail en quoi le personnel infirmier pouvait leur être utile. Elle m’a fait part des compétences et de la position unique qu’occupaient les membres du personnel infirmier pour former la cohorte étudiante aspirant au métier de PAB, et de la façon dont nous pourrions travailler ensemble pour combler les lacunes en matière d’accompagnement des patients.

L’importance pour le personnel infirmier de comprendre le métier de PAB

Sa perspective a trouvé un écho chez moi. Le personnel infirmier et les PAB travaillent en étroite collaboration. Les infirmières et infirmiers peuvent déléguer des tâches relevant du champ d’exercice des PAB, tout en assurant un suivi et une supervision. Les tâches de soins sont souvent les mêmes.

J’apercevais souvent des PAB dans d’autres services, mais je n’avais jamais travaillé en étroite collaboration avec ces membres de la profession auparavant; je ne connaissais donc pas la portée de leur rôle. Quelque chose a basculé. L’entendre me décrire les exigences de son poste m’a fait prendre conscience à quel point il est important que les infirmières et infirmiers comprennent en profondeur le champ d’activité des PAB et les soutiennent de façon proactive.

Cette conversation a été le déclencheur qui m’a amenée à explorer les rôles dans la formation des PAB, sur les désignations et les qualifications nécessaires pour enseigner dans ce domaine des soins de santé, ainsi que sur la façon de défendre les intérêts des PAB. Finalement, j’ai décroché un poste de professeure en formation des PAB dans un merveilleux établissement d’enseignement privé qui reconnaissait la valeur et la formation des PAB.

Des décennies plus tard, désormais en tant que présidente du programme de formation des PAB, je consacre une grande partie de mon temps à élaborer des programmes d’études à l’intention des PAB, à les encadrer, et à intégrer et inspirer d’autres membres du personnel infirmier qui ont franchi cette même étape pour enseigner à la cohorte étudiante aspirant au métier de PAB. J’ai constaté que la profession infirmière offre le point de vue unique nécessaire pour soutenir et défendre la formation des PAB.

Élaboration de notre programme d’études

Ma démarche pour accompagner les infirmières et infirmiers se lançant dans le rôle d’enseignante ou d’enseignant en formation des PAB vise à relier le programme d’études à l’expérience clinique. En nous appuyant sur les normes ontariennes relatives aux PAB, nous combinons un enseignement dynamique et fondé sur la recherche avec l’expérience clinique personnelle des infirmières et infirmiers afin de donner à la théorie une dimension pratique. Nous abordons le travail concret des PAB dans le domaine et collaborons avec les communautés et associations de PAB pour aider le personnel infirmier à comprendre les réalités de ce métier.

L’un des obstacles les plus courants que je constate chez le personnel infirmier qui se reconvertit dans la formation des PAB est le changement de perspective et le caractère urgent. Au sein du service, les infirmières et infirmiers se concentrent souvent sur les tâches immédiates de soins aux patients, la gestion de lourdes charges de travail en soins intensifs et le travail dans des environnements au rythme effréné de soins aigus. Dans la salle de cours, nous mettons l’accent sur une compréhension approfondie du travail des PAB, en veillant à la compétence et à l’épanouissement global à long terme des étudiantes et étudiants qui se lancent dans cette profession inestimable.

Les PAB sont depuis longtemps des partenaires essentiels dans de nombreux milieux de soins. En tant qu’infirmières ou infirmiers, nous avons la responsabilité de veiller à ce que les PAB reçoivent la formation selon des normes élevées de sécurité, d’éthique et de compétence, car nous travaillons à leurs côtés pour prendre soin des mêmes patients. Soutenir la formation des PAB n’est pas un éloignement de la pratique infirmière, c’en est un prolongement.

Malheureusement, la préposée aux bénéficiaires qui est à l’origine de mon changement d’orientation est décédée en 2019. Je lui serai toujours reconnaissante de m’avoir parlé en toute sincérité du travail des PAB et de m’avoir inspirée à puiser dans mon expérience infirmière pour défendre les intérêts des PAB, soutenir leur travail et leur enseigner au sein de notre communauté.


Hamsha Mahalingasivam, inf. aut., HICA-CCHIM, est présidente du programme de formation des préposé(e)s aux bénéficiaires (PAB) et du programme de formation du personnel administratif de cabinets médicaux au Anderson College of Health, Business and Technology.

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