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« Un porte-parole fort et rassembleur pour défendre les intérêts du personnel infirmier » plus nécessaire que jamais, affirment les infirmières et infirmiers de Terre-Neuve-et-Labrador

  
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Création d’un chapitre de l’AIIC pour garantir que la voix du personnel infirmier influence les politiques en matière de santé

Par Laura Eggertson
26 janvier 2026
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istockphoto.com/KenWiedemann
Le chapitre de Terre-Neuve-et-Labrador se concentrera sur les enjeux qui touchent les infirmières et infirmiers et la profession infirmière au niveau provincial, fera part des perspectives des membres sur les questions fédérales et fera connaître aux membres provinciaux les préoccupations nationales et les occasions de perfectionnement professionnel.

Note de la rédaction : Si vous souhaitez vous investir afin de faire avancer les soins infirmiers, si vous avez une passion pour le leadership et si vous avez à cœur de faire bouger les choses, nous vous invitons à présenter votre candidature pour siéger au comité de direction du chapitre de Terre-Neuve-et-Labrador. La date limite pour postuler est le 30 janvier 2026. Apprenez-en plus et soumettez votre candidature.


Au cours de ses 49 années de pratique infirmière et au cours des sept dernières années depuis qu’elle a pris sa retraite, Madge Applin a toujours compris l’importance d’avoir une représentation infirmière aux tables de concertation pour le système de soins de santé canadien.

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Gracieuseté de Madge Applin
« Je ne pense pas qu’il n’y ait jamais eu, du moins au cours de ma vie professionnelle, un moment où le besoin d’un porte-parole fort et rassembleur pour défendre les intérêts des infirmières et infirmiers, à l’échelle provinciale et nationale, ait été aussi grand qu’aujourd’hui », déclare Madge Applin.

« Aucun autre groupe ne comprend mieux la profession infirmière que ses membres », affirme Madge Applin, présidente du groupe de travail de l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de Terre-Neuve-et-Labrador.

Tout au long de sa carrière, cette infirmière autorisée, infirmière en région éloignée, enseignante, directrice de services infirmiers et consultante, a traversé les tempêtes des réorganisations des soins de santé, des suppressions de lits, des compressions budgétaires et des négociations visant à réduire le champ de la pratique infirmière.

Au fur et à mesure que ces événements difficiles se déroulaient, Madge Applin s’est tournée vers l’Association des infirmières et infirmiers du Canada (AIIC) et les associations provinciales et territoriales où elle travaillait pour défendre les intérêts des membres du personnel infirmier dans la conception, la mise en œuvre et l’orientation de l’élaboration des politiques en santé visant à améliorer les soins aux patients et les résultats en matière de santé.

Mais les crises actuelles liées au moral, à la pénurie de personnel infirmier, aux hôpitaux surpeuplés et au manque de personnel dans les établissements de soins de longue durée ont mené le système de santé à un point critique. En même temps, les infirmières et infirmiers disposent de moyens réduits pour défendre leurs intérêts.

« Je ne pense pas qu’il n’y ait jamais eu, du moins au cours de ma vie professionnelle, un moment où le besoin d’un porte-parole fort et rassembleur pour défendre les intérêts des infirmières et infirmiers, à l’échelle provinciale et nationale, ait été aussi grand qu’aujourd’hui », déclare Madge Applin depuis son domicile à St. John’s.

C’est pourquoi Madge Applin et un groupe de défense des intérêts des soins infirmiers, avec le soutien d’une équipe dévouée de l’AIIC, prônent la création d’un chapitre représentant Terre-Neuve-et-Labrador sous l’égide de l’AIIC.

Influence en déclin

Les modifications apportées en 2019 à la Registered Nurses Act (Loi sur les infirmières et infirmiers autorisés) à Terre-Neuve-et-Labrador, ainsi que les modifications apportées à des lois semblables dans la plupart des autres provinces et territoires, sont en grande partie responsables du déclin de l’influence des infirmières et infirmiers dans les discussions sur les politiques de santé au cours de la dernière décennie, selon Madge Applin.

À Terre-Neuve-et-Labrador, les modifications de 2019 ont changé le nom et le mandat de l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de Terre-Neuve-et-Labrador (ARNNL) pour l’Ordre des infirmières et infirmiers autorisés de Terre-Neuve-et-Labrador. Le mandat du nouvel ordre était axé sur la réglementation de la profession infirmière dans l’intérêt de la sécurité publique.

Ainsi, le rôle de défense des intérêts professionnels autrefois assumé par l’ARNNL a été atténué, affaiblissant considérablement l’apport professionnel des infirmières et infirmiers dans l’élaboration des politiques de santé publique, de soins de santé et de soins infirmiers à Terre-Neuve-et-Labrador, explique Madge Applin.

« Plus précisément, avec la modification de la législation délimitant le volet de la défense des intérêts et le volet réglementaire des soins infirmiers, j’ai pris conscience que le potentiel d’influence de cette voix s’était affaibli au cours des dernières années, depuis la modification de la législation au niveau provincial et national », dit-elle.

L’AIIC a annoncé la création du chapitre de Terre-Neuve-et-Labrador en mai 2025. La nouvelle section représentera et défendra les intérêts des infirmières et infirmiers de la province, fera la promotion de la profession et encouragera le perfectionnement professionnel, le développement du leadership et les possibilités de pratique infirmière.

Le chapitre de Terre-Neuve-et-Labrador se concentrera sur les enjeux qui touchent les infirmières et infirmiers et la profession infirmière au niveau provincial, fera part des perspectives des membres sur les questions fédérales et fera connaître aux membres provinciaux les préoccupations nationales et les occasions de perfectionnement professionnel.

Abandon de la profession

La pénurie d’infirmières et d’infirmiers fait partie de ces difficultés particulières, comme l’a souligné l’Institut économique de Montréal dans un rapport publié en octobre 2025 analysant le bassin de main-d’œuvre infirmière à l’échelle du pays. En 2023, à Terre-Neuve-et-Labrador, 98 infirmières ou infirmiers de moins de 35 ans quittaient la province ou risquaient d’abandonner la profession pour chaque 100 personnes qui s’y joignait.

Les heures supplémentaires involontaires, la violence ou les abus en milieu de travail et le stress élevé étaient les principales raisons invoquées par les jeunes infirmières ou infirmiers dans tout le pays pour partir d’une province ou quitter la profession.

Il est essentiel que les membres du personnel infirmier aient leur mot à dire, non seulement pour régler ces enjeux liés à la profession infirmière, mais aussi pour garantir la santé de leurs patients, affirme Madge Applin.

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Gracieuseté de Cheryl Dyke
« Je veux que les infirmières et infirmiers de Terre-Neuve-et-Labrador aient leur mot à dire dans les décisions qui façonnent la profession infirmière et ont une incidence sur les soins aux patients », déclare Cheryl Dyke.

« La qualité des soins dépend de la compétence et de la bienveillance des travailleuses et travailleurs au sein du système, qui doivent elles et eux aussi sentir qu’on tient compte de leurs intérêts », souligne-t-elle. Les membres du personnel infirmier disent haut et fort qu’ils souffrent, qu’ils sont en surcharge de travail et qu’ils se sentent dévalorisés. »

Madge Applin espère que le chapitre de Terre-Neuve-et-Labrador agira comme nouveau porte-parole des intérêts des infirmières et infirmiers et travaillera de concert avec le gouvernement pour aborder « rapidement » ces préoccupations.

L’amélioration de la culture de travail afin que les membres du personnel infirmier se sentent en sécurité, valorisés et respectés est l’une des questions que les infirmières et infirmiers de Terre-Neuve-et-Labrador souhaitent voir abordées par le nouveau chapitre, des questions qui trouvent un écho auprès des infirmières et infirmiers de tout le pays.

Dans un sondage mené en 2022 par le groupe de travail, 1 543 infirmières et infirmiers de Terre-Neuve-et-Labrador ont cité les taux de dotation en personnel sécuritaires, la tolérance zéro pour les abus en milieu de travail, le besoin de perfectionnement professionnel en matière de soins virtuels, les préoccupations relatives à l’équilibre entre le travail et la vie personnelle et l’attention portée à la violence en milieu de travail comme étant les principaux enjeux de défense des intérêts que l’on souhaite voir aborder par une association. Cheryl Dyke, infirmière autorisée et co-présidente du comité de direction du chapitre de Terre-Neuve-et-Labrador, était l’une des membres du groupe de travail qui a mené le sondage.

Le poids des décisions

Madge Applin estime que la nouvelle section de l’AIIC doit peser sur les décisions prises par la province en matière de soins de santé.

Par exemple, la vérificatrice générale de Terre-Neuve-et-Labrador a souligné les problèmes liés à la décision de la province d’embaucher des infirmières et infirmiers itinérants du privé pour faire face à la pénurie de personnel infirmier. Cette décision a donné lieu à un système de rémunération à deux vitesses et a involontairement créé des problèmes supplémentaires.

Le syndicat des infirmières et infirmiers autorisés Terre-Neuve-et-Labrador a souligné en 2024 que les contrats signés avec des entreprises privées d’affectations avec déplacement en soins infirmiers ont fait en sorte que les infirmières et infirmiers au service des agences percevaient un salaire horaire nettement supérieur à celui des infirmières et infirmiers autorisés et des infirmières et infirmiers praticiens travaillant dans le système public.

Certains de ces contrats stipulaient aussi que les infirmières et infirmiers travaillant pour une entreprise privée ne pouvaient pas retourner travailler dans le système public pendant un an après avoir quitté l’entreprise privée.

Cette clause a exacerbé la pénurie de personnel infirmier au lieu de la résoudre, ce qui aurait pu être évité si les organisations représentant les infirmières et infirmiers de tous les types de pratique avaient participé aux discussions initiales sur la façon de résoudre la pénurie de personnel infirmier, selon les membres du groupe de travail.

Cheryl Dyke aimerait voir des campagnes positives sur les réseaux sociaux mettant en valeur les aspects valorisants de la profession infirmière, afin de rehausser le nombre de personnes qui soumettent leur candidature dans les écoles de sciences infirmières.

L’une des autres épreuves posées par la charge de travail actuelle et la pénurie de personnel infirmier est la difficulté de trouver des préceptrices ou précepteurs pour les étudiantes et étudiants en sciences infirmières pendant leur formation. Cheryl Dyke espère que le nouveau chapitre de Terre-Neuve-et-Labrador résoudra cet enjeu en collaboration avec la province, les programmes de soins infirmiers, les organismes de réglementation et les syndicats.

Davantage d’occasions d’apprentissage

« Je veux que les infirmières et infirmiers de Terre-Neuve-et-Labrador aient leur mot à dire dans les décisions qui façonnent la profession infirmière et ont une incidence sur les soins aux patients », déclare Cheryl Dyke.

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Gracieuseté de Mollie Butler
« En discutant avec des amies et d’anciennes collègues, je sais que le système cause beaucoup de frustration, mais je ne pense pas que notre province soit la seule dans cette situation, je crois que c’est le cas pour tout le pays », dit Mollie Butler.

L’AIIC offre d’incroyables possibilités de perfectionnement professionnel, ce qui est l’un des avantages qui enthousiasme le plus Cheryl Dyke, car elle sait à quel point cela est important pour sa propre carrière.

« Je ne sais pas où j’en serais aujourd’hui en tant qu’infirmière sans ce que l’AIIC a mis en place au Canada pour les infirmières et infirmiers, dit-elle. Je considère l’AIIC comme un organisme visionnaire et un chef de file dans l’avancement de la profession infirmière ».

Elle se réjouit également que le nouveau chapitre de Terre-Neuve-et-Labrador représente toutes les catégories de soins infirmiers : infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés (IAA), infirmières et infirmiers autorisés (IA), infirmières et infirmiers praticiens (IP) et infirmières et infirmiers des milieux collégiaux et universitaires, ainsi que dans des postes de direction, ce qui permettra de renforcer la collaboration entre toutes les équipes de pratique, dit-elle.

Mollie Butler est une autre infirmière chef de file qui a travaillé inlassablement pour créer le chapitre de Terre-Neuve-et-Labrador de l’AIIC. Mollie Butler a pris sa retraite il y a quatre ans après avoir occupé le poste de directrice de la pratique professionnelle en soins infirmiers, des professions paramédicales et de la santé des Autochtones au sein d’Eastern Health, l’une des quatre anciennes autorités sanitaires qui ont fusionné pour former l’autorité provinciale appelée Services de santé de Terre-Neuve-et-Labrador.

Elle se réjouit particulièrement que les infirmières et infirmiers non représentés par des syndicats aient désormais une voix pour défendre leurs intérêts.

Un intermédiaire permettant la libre expression

« Quiconque assume des postes en enseignement des soins infirmiers ou en gestion de services infirmiers n’a aucun moyen de s’exprimer, explique Mollie Butler. Je pense que les titulaires de ces types de postes trouveront plusieurs avantages à adhérer au chapitre de Terre-Neuve-et-Labrador.

Selon Mollie Butler, les soins infirmiers à Terre-Neuve-et-Labrador ne peuvent que bénéficier du fait que les dirigeantes et dirigeants puissent intervenir en ce qui concerne les questions d’actualité en permettant aux gouvernements fédéral et provinciaux ou territoriaux à comprendre comment les enjeux actuels affectent non seulement le personnel infirmier, mais aussi la qualité des soins de santé.

« En discutant avec des amies et d’anciennes collègues, je sais que le système cause beaucoup de frustration, mais je ne pense pas que notre province soit la seule dans cette situation, je crois que c’est le cas pour tout le pays », ajoute-t-elle.

Comme Cheryl Dyke, Mollie Butler estime que l’un des aspects les plus précieux du nouveau chapitre sera les possibilités accrues de mentorat et de perfectionnement professionnel que leur proposera l’AIIC.

« Le mentorat et les discussions de groupe sont vraiment utiles, car on se retrouve parfois dans des situations que l’on pense être particulières à notre province, explique Mollie Butler. Puis, on entend ses collègues exprimer des préoccupations semblables ou proposer d’autres idées. Je pense que tout ce dialogue est vraiment important. »

Mollie Butler, Cheryl Dyke, Madge Applin et les autres dirigeantes qui ont mené le lancement de ce nouveau chapitre estiment qu’il sera essentiel pour améliorer les systèmes de soins de santé provinciaux, territoriaux et national. Elles sont convaincues que la section de Terre-Neuve-et-Labrador contribuera à améliorer les soins aux patients, ce qui est l’objectif ultime.

« Grâce à ce chapitre, nous disposerons de la capacité de défendre les intérêts du personnel infirmier, de le représenter et de nous exprimer en son nom, ainsi que d’encourager les planificateurs de la santé et les gouvernements à reconnaître et à maximiser la contribution potentielle des infirmières et infirmiers au système de santé et à la santé des personnes dans leur province ou territoire respectif », explique Madge Applin.


Laura Eggertson est journaliste indépendante à Wolfville, en Nouvelle-Écosse.

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