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Comment un hôpital communautaire de la Colombie-Britannique a créé une équipe multidisciplinaire pour améliorer l’accès aux arthroplasties de la hanche et du genou

  
https://www.canadian-nurse.com/blogs/cn-content/2026/08/04/bc-community-hospital-fast-pathway

Le protocole FAST a permis d’accroître le nombre de patients tout en maintenant des soins de haute qualité

Par Michele Montgomery, Jennifer Watters, & Brittany Spence
4 août 2026
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istockphoto.com/Unaihuiziphotography
Les membres du personnel infirmier ont joué un rôle déterminant dans la cartographie du cheminement des patients, de la consultation chirurgicale jusqu’à la sortie.

Depuis des années, la pratique infirmière est durement touchée par les difficultés auxquelles fait face l’hôpital Burnaby dans la prise en charge des patients ayant subi une arthroplastie de la hanche ou du genou. Au début de la pandémie de COVID-19, les interventions chirurgicales non urgentes, telles que les arthroplasties de la hanche et du genou, ont été suspendues, ce qui a provoqué un retard important pour les patients. Parallèlement, le vieillissement de la population de baby-boomers de plus en plus active a entraîné une hausse de la demande en matière de chirurgies d’arthroplasties articulaires. Combinés, ces retards dans les interventions et cette demande accrue ont exercé une pression constante sur les services orthopédiques.

Pour surmonter ces épreuves, nous avons constitué une équipe multidisciplinaire, composée d’un chirurgien orthopédique, d’un anesthésiste, de deux infirmières praticiennes (IP) et d’une infirmière autorisée (IA), afin de repenser notre programme d’arthroplasties de la hanche et du genou.

Contexte

Avant la création de cette équipe, notre programme d’arthroplastie réalisait des chirurgies ambulatoires occasionnelles pour les arthroplasties de la hanche à effraction minimale, et seuls deux des sept chirurgiens spécialisés en arthroplastie de l’hôpital avaient des patients sortant le jour même de la chirurgie. L’arthroplastie à effraction minimale est bien adaptée aux chirurgies ambulatoires. En effet, elle permet de réduire la taille des incisions et d’endommager moins les muscles et les tissus, réduisant ainsi la douleur postopératoire et accélérant la convalescence. Les décisions concernant la sortie le jour même étaient prises après l’opération, ce qui obligeait le personnel à se démener pour s’assurer que les patients disposaient de toute l’information nécessaire et qu’on avait procédé à leur physiothérapie et leurs évaluations en ergothérapie avant la sortie de l’hôpital. Les patients étaient souvent mal préparés au soutien après la sortie en raison d’une communication incohérente.

En équipe, nous avons cerné une occasion de créer un protocole de chirurgie ambulatoire fondé sur des données probantes pour les patients subissant une arthroplastie primaire de la hanche ou du genou, mettant à contribution l’ensemble des sept chirurgiens. Une arthroplastie primaire désigne le premier remplacement d’une articulation par un implant prosthétique, par opposition à une chirurgie révisionnelle, qui est plus complexe. Nous avons émis l’hypothèse que ce protocole élargirait l’accès à la chirurgie ambulatoire, réduirait l’usage des lits d’hospitalisation et améliorerait le flux de patients. Les IP et les IA ont joué un rôle central dans l’élaboration de cette démarche rationalisée et axée sur les patients, connue sous le nom de protocole FAST (acronyme de Focused arthroplasty same-day track).

Recours aux directives cliniques sur les pratiques exemplaires

Nous avons axé notre protocole sur les directives cliniques actuelles en matière de pratiques exemplaires et sur la littérature fondée sur des données probantes afin de garantir la sécurité des patients et la réussite du programme. Notre revue de la littérature a relevé 51 études pertinentes sur l’arthroplastie portant sur la sélection des patients, les enjeux de sécurité, les taux de complication et de réadmission, ainsi que les obstacles à la sortie. Les données ont souligné l’importance d’une démarche en équipe et d’une sélection appropriée des patients pour obtenir de bons résultats en matière de chirurgies ambulatoires.

Ces résultats ont guidé l’élaboration d’un outil de sélection fondé sur des données probantes et ont favorisé la collaboration interdisciplinaire. Les membres du personnel infirmier ont joué un rôle déterminant dans la cartographie du cheminement des patients, de la consultation chirurgicale jusqu’à la sortie. La coordonnatrice des soins aux patients de la clinique d’arthroplastie préopératoire de la hanche et du genou a décrit le processus préopératoire, y compris la réservation de la salle d’opération et la consultation en anesthésie.

Priorité sur le filtrage et la sensibilisation des patients

Le processus de filtrage des patients dans le cadre du protocole FAST a constitué un axe prioritaire des soins infirmiers. Le personnel infirmier clinique a utilisé cet outil de filtrage pour déterminer les critères d’exclusion chez les patients signalés par le chirurgien orthopédiste. Les patients présentant des critères d’exclusion n’étaient pas admissibles aux chirurgies ambulatoires, permettant ainsi de garantir que les candidats appropriés seulement étaient sélectionnés et d’améliorer les résultats postopératoires.

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L’équipe a élaboré des ressources pédagogiques sur les congés pour améliorer la sécurité des patients.

Des réunions mensuelles du personnel infirmier ont favorisé une communication continue entre le personnel infirmier clinique et le groupe de travail FAST. Ces séances ont permis aux membres du personnel d’exprimer leurs préoccupations, de faire part de leur expérience et de renforcer le rôle essentiel des soins infirmiers dans la mise en œuvre du programme.

Le personnel infirmier s’est aussi attardé à renseigner les patients lors de consultations préopératoires pour la hanche et le genou. En tant que membre du groupe de travail, la coordonnatrice des soins a collaboré avec le service de sensibilisation des patients et le bureau des politiques cliniques pour élaborer des documents d’information destinés aux patients. Ces documents (distribués lors des consultations préopératoires) ont permis aux infirmières et infirmiers de communiquer efficacement les attentes liées au nouveau protocole de soins. En fournissant l’information nécessaire avant la chirurgie, le personnel infirmier a encouragé les patients à participer activement à leurs soins, améliorant ainsi leur expérience globale.

En période postopératoire, les membres du personnel infirmier clinique ont appelé les patients pendant trois jours consécutifs. Afin de documenter ces appels téléphoniques, la coordonnatrice des soins a créé un outil destiné au personnel soignant pour évaluer les patients après leur congé. Cet outil a permis au personnel infirmier de déterminer l’état actuel des patients et de renforcer les conseils postopératoires, assurant ainsi une cohérence entre les membres du personnel infirmier lors de ces appels.

Programme d’amélioration de la qualité

Les IP responsables du projet, qui ont suivi une formation officielle en amélioration de la qualité, ont piloté le projet en s’appuyant sur une démarche axée sur la conception de programmes d’amélioration de la qualité. Elles se sont servies du cadre Model for Improvement de l’Institute for Healthcare Improvement pour orienter la conception du programme, la collecte et l’analyse des données, et mettre en œuvre des idées d’amélioration visant à obtenir un changement systémique durable. Les IP ont soutenu les soins aux patients et la fluidité des soins dans les services, en renseignant directement les patients et en leur fournissant une rétroaction.

L’équipe a élaboré des ressources pédagogiques sur le congé, notamment un registre des médicaments à domicile et un algorithme du congé des patients, afin de renforcer la sécurité. Les protocoles FAST et des ordonnances postopératoires normalisées ont aussi été mis en place. Cette structure axée sur l’amélioration de la qualité a favorisé la diffusion des connaissances par l’entremise de conférences et d’autres activités régionales de transmission des connaissances, ainsi que l’élaboration d’une trousse à outils destinée à aider d’autres établissements à mettre en œuvre des programmes de chirurgie ambulatoire.

Le chirurgien orthopédiste et les anesthésiologistes responsables du programme ont joué un rôle essentiel dans la mobilisation des groupes de leur service. Ils ont diffusé les critères d’inclusion et d’exclusion, ont encouragé la participation du groupe au protocole FAST et ont rationalisé certaines pratiques anesthésiques et chirurgicales factuelles afin d’améliorer le taux de réussite de la chirurgie ambulatoire.

Nous avons mis en priorité la participation d’une patiente partenaire. Recrutée par l’équipe chargée de l’expérience des patients au sein de la pratique professionnelle de la Fraser Health, la patiente partenaire a fourni des commentaires qui ont permis d’assurer que le matériel pédagogique était pertinent et facile à comprendre.

L’équipe a aussi identifié des championnes et champions au sein des services pour soutenir l’adhésion et la collaboration. Les réunions sur le protocole FAST comprenaient la réservation des salles d’opération, les soins chirurgicaux ambulatoires et les équipes paramédicales. Par exemple, le fait de signaler les patients en chirurgie ambulatoire sur la liste des salles d’opération indiquait aux équipes paramédicales de planifier des évaluations le jour même.

Résultats

La création de ce protocole met en évidence la résilience du personnel infirmier, qui a rapidement su s’adapter à de nouveaux processus tout en continuant à prodiguer des soins empreints de compassion. L’élaboration et la mise en œuvre du protocole FAST ont renforcé le rôle du personnel infirmier dans les soins chirurgicaux, en favorisant une culture de collaboration, d’amélioration continue et de démarche centrée sur les patients. Afin de démontrer davantage cet engagement en faveur de l’amélioration de la qualité, les IP ont créé et mis en place un questionnaire électronique anonyme sur la satisfaction du personnel.

  • 64 % des membres du personnel se sont dit « tout à fait d’accord » ou « d’accord » sur le fait que le protocole avait amélioré la communication avec l’équipe multidisciplinaire, tandis que 23 % se sont déclaré « neutres ».
  • 84 % se sont dit « tout à fait d’accord » ou « d’accord » sur le fait que le protocole FAST avait été bénéfique pour les patients en chirurgie ambulatoire.
  • ● 75 % se sont également dit « tout à fait d’accord » ou « d’accord » sur le fait que le protocole avait facilité la sortie rapide des patients par rapport à la norme de soins antérieure.

La satisfaction des patients a aussi été mesurée. Plus de 50 patients interrogés ont fait part de commentaires extrêmement positifs, notamment concernant les documents remis à la sortie et à la communication de suivi. Les patients ayant subi plusieurs arthroplasties ont mentionné des expériences plus favorables avec le protocole FAST par rapport à leurs interventions chirurgicales précédentes. Ces données témoignent de l’excellence des soins infirmiers directs, d’une sensibilisation efficace centrée sur les patients et d’appels de suivi approfondis visant à accompagner les patients tout au long de leur cheminement.

Citations des patients :

« Mon expérience a été excellente dans l’ensemble. Les instructions et les étapes ont été claires tout au long du cheminement. Tout le monde a été minutieux et fantastique. »

« Il s’agit de ma deuxième arthroplastie du genou en un an. Je n’ai eu aucun problème après ma première chirurgie. Tout s’est bien passé. J’ai trouvé les documents sur le congé de l’hôpital si utiles que je les ai conservés pour les relire avant ma deuxième chirurgie. »

Les résultats en matière de sécurité des patients sont restés stables. Les taux de visites aux urgences postopératoires pour les patients du protocole FAST se situaient entre 4 et 7 %, contre un taux de référence de 7 à 8 % fondé sur les données du National Surgical Quality Insurance Program (NSQIP) aux États-Unis. Les visites à l’urgence et les réadmissions dans les 30 jours suivant l’opération n’ont pas augmenté malgré un volume plus élevé de chirurgies ambulatoires, et les visites à l’urgence ont même légèrement diminué.

En août 2025, soit 36 mois après sa mise en œuvre, le programme de chirurgies ambulatoires avait autorisé le congé de 570 patients. Ces données se traduisent par une économie annuelle estimée à 1 140 000 $, faisant état de la réaffectation de la capacité en lits d’hospitalisation à d’autres populations de patients. Le taux de réussite du programme de chirurgies ambulatoires, défini comme le retour à domicile le jour même de l’intervention sans admission prévue, est de 84,7 %.

Bien que ces résultats soient conformes à la littérature, notre groupe de travail cherche des occasions de continuer à affiner le programme. Nous avons largement atteint l’objectif de notre projet qui était d’accroître le volume de chirurgies ambulatoires réalisées, passant d’un niveau de référence de 8 % à 15 %, lequel continue d’augmenter progressivement pour atteindre 33 % à mesure que nous incluons davantage de patients potentiels en élargissant nos critères d’inclusion en toute sécurité.

À quoi peut-on s’attendre pour l’avenir?

Le programme a bénéficié du soutien d’une initiative de la Fraser Health visant à déployer les projets d’amélioration de la qualité couronnés de succès à l’échelle de l’organisation. Le groupe de travail s’est allié à d’autres programmes d’arthroplastie pour transmettre les ressources et les enseignements tirés et soutenir la mise en œuvre. Le leadership infirmier a été le fil conducteur des améliorations opérationnelles, de l’accès au système et du recours aux ressources dans l’ensemble des sites participants.

En s’engageant activement dans la refonte de notre programme d’arthroplasties de la hanche et du genou afin d’y inclure le protocole des chirurgies ambulatoires, le personnel infirmier prodigue des soins de haute qualité et contribue dans une large mesure à façonner l’avenir des pratiques chirurgicales au sein de notre établissement.


Michele Montgomery, inf. aut., B. Sc. inf., est coordonnatrice des soins aux patients auprès de la clinique centrale d’admission et d’optimisation des arthroplasties de la hanche et du genou à l’hôpital Burnaby.
Jennifer Watters, IP, M. Nurs., et Brittany Spence, IP, M. Nurs., travaillent toutes les deux au sein de l’unité de chirurgie orthopédique de l’hôpital Burnaby.


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