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La perspective d’une infirmière sur la préparation, la précision et la pression saisonnière dans le cadre des examens pédiatriques
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Préparer les enfants à la spirométrie peut sembler une intervention modeste, mais améliorer l’état de préparation aux tests diagnostiques peut réduire l’anxiété, améliorer l’expérience clinique pour les familles et faciliter la collecte de données pertinentes pour le personnel clinicien.
Les feux de forêt semblent désormais faire partie intégrante des étés dans les Prairies. Mes cousines, toutes deux infirmières travaillant dans des communautés nordiques, sont de plus en plus préoccupées par l’incidence de la détérioration de la qualité de l’air sur leurs communautés, leurs familles et leurs établissements de santé. Elles sont toutes les deux des mères et doivent faire face au fardeau familier des virus respiratoires en hiver, tout en s’inquiétant de la façon dont une exposition répétée à la fumée pourrait affecter le développement pulmonaire de leurs enfants.
Au cours d’une saison particulièrement difficile, leurs enfants ont été temporairement relogés dans notre région pour terminer l’année scolaire en raison des perturbations causées par les feux de forêt. À peu près à la même époque, j’avais commencé un nouveau poste de technicienne en spirométrie dans mon établissement de soins de santé rural. Ces conversations sur la santé respiratoire, l’exposition environnementale et les préoccupations parentales ont commencé à façonner ma réflexion sur l’examen fonctionnel respiratoire chez les enfants.
Cette expérience a aussi soulevé une question professionnelle plus large : comment pouvons-nous nous assurer que les enfants sont correctement préparés à participer à un test de spirométrie afin que les résultats fassent état fidèlement de leur fonction pulmonaire?
La difficulté : la spirométrie pédiatrique repose sur la préparation
D’après mon expérience auprès de patients pédiatriques, la préparation peut influencer grandement la façon dont les enfants prennent part à la spirométrie. Bien que la spirométrie soit largement considérée comme l’outil diagnostique de référence en soins respiratoires, sa précision dépend fortement de la compréhension, de la coopération et de la technique de la patiente ou du patient. Ces exigences peuvent présenter des difficultés particulières pour les enfants.
La spirométrie est un examen fonctionnel respiratoire courant utilisé pour mesurer le bon fonctionnement des poumons. Au cours de l’examen, une personne inspire profondément, puis expire aussi fort et complètement que possible dans un appareil portatif appelé spiromètre. L’examen mesure la quantité d’air qu’une personne peut expirer et la vitesse à laquelle l’air quitte les poumons. La spirométrie est fréquemment utilisée pour évaluer et surveiller des affections telles que l’asthme et la maladie pulmonaire obstructive chronique. Pour obtenir des résultats fiables, l’examen exige généralement d’effectuer plusieurs manœuvres respiratoires cohérentes avant et après l’administration d’un médicament bronchodilatateur. Comme l’examen repose sur l’effort, la synchronisation et la coordination, la compréhension et la mise à contribution de la patiente ou du patient sont essentielles pour obtenir des résultats précis.
À l’échelle nationale et provinciale, les taux d’asthme et d’autres troubles respiratoires chez les enfants sont en hausse. Les gouvernements et les organisations de la santé ont réagi en mettant l’accent sur le dépistage précoce, les examens, le traitement et la sensibilisation. Parallèlement, les familles et le personnel clinicien doivent naviguer dans un milieu complexe. Dans de nombreuses communautés, la confusion règne de plus en plus en matière de vaccination infantile, de grippe et de vaccination contre la COVID-19 chez les jeunes. Dans les zones rurales, l’accès aux tests de dépistage des allergies et aux spécialistes en oto-rhino-laryngologie est aussi limité. Dans ma province d’origine, les listes d’attente pour les tests de dépistage d’allergies pédiatriques peuvent dépasser un an, et l’aiguillage hors de la province est parfois nécessaire pour les cas plus complexes.
Dans ce contexte, la spirométrie est devenue plus accessible. Les autorités sanitaires reconnaissant le fardeau économique et social des maladies respiratoires, le financement a permis de rendre plus accessibles les occasions de formation et d’améliorer l’accès à l’examen fonctionnel respiratoire. J’ai eu le privilège de bénéficier de cet investissement, en suivant une formation en spirométrie, permettant ainsi à mon établissement de santé rural de devenir un site de dépistage.
Ma perspective sur les soins respiratoires pédiatriques est également influencée par mon rôle de mère. Mon fils est né par césarienne, a développé de l’eczéma très tôt et a reçu des antibiotiques dans les 24 heures suivant sa naissance. Tout au long de la petite enfance, il a souffert de symptômes respiratoires récurrents qui ont nécessité un traitement intermittent à la ventoline et des corticostéroïdes inhalés. Il est né durant la pandémie, alors que l’accès aux soins en personne et aux services de spécialistes était limité. Comme de nombreuses familles, nous avons adopté une démarche d’observation vigilante tout en nous concentrant sur des interventions liées au mode de vie pour favoriser le développement de ses poumons.
Maintenant qu’il approche de l’âge où la spirométrie devient envisageable, je me surprends à réfléchir à l’intersection entre ma formation professionnelle et mon expérience de parent confronté au système de santé.
La spirométrie est un outil diagnostique puissant, mais elle dépend fortement de la coopération des patients et de la technique utilisée. Pour obtenir des résultats acceptables, les enfants doivent apprendre et effectuer correctement des manœuvres respiratoires particulières, généralement en les répétant plusieurs fois avant et après l’administration d’un bronchodilatateur.
En pratique clinique, cette manœuvre peut s’avérer difficile. Les enfants peuvent ressentir de l’anxiété dans des contextes médicaux inconnus. Ils doivent écouter attentivement les instructions, utiliser un pince-nez, sceller leurs lèvres autour d’un embout buccal et expirer avec force pendant plusieurs secondes. Le processus peut alors devoir être répété plusieurs fois.
Ces exigences peuvent être difficiles à satisfaire pour les jeunes patients, et d’après mon expérience, la réussite de l’examen dépend souvent du degré d’aise et de préparation de l’enfant.
Données probantes et incidences : l’importance de la qualité
La recherche souligne l’importance tant des normes techniques que de la mise à contribution des patients lors de la réalisation d’une spirométrie chez les enfants. Une communication claire et la collaboration entre le personnel clinicien, les parents et les jeunes patients sont des éléments essentiels pour aider les enfants à bien se soumettre aux examens fonctionnels respiratoires (Jat, 2013).
En même temps, les données disponibles concernant l’incidence clinique de la spirométrie d’usage dans l’asthme pédiatrique restent limitées. Une revue systématique de 2022 examinant l’utilisation courante de la spirométrie chez les enfants n’a identifié qu’un seul essai contrôlé randomisé admissible. Cette étude n’a pas démontré de différences importantes en matière de qualité de vie liée à l’asthme ou de résultats cliniques entre les enfants dont la prise en charge incluait une spirométrie et ceux qui étaient pris en charge sans spirométrie. Les auteurs ont conclu que des recherches supplémentaires de haute qualité sont nécessaires pour déterminer comment la spirométrie influence les résultats pédiatriques (Boonjindasup et coll., 2022).
Ces résultats ne diminuent pas la valeur de la spirométrie comme outil diagnostique, mais ils soulignent l’importance de veiller à ce que les données recueillies soient aussi fiables et valables que possible à l’exécution de la spirométrie.
Une proposition pratique : une « trousse de préparation » à la spirométrie pédiatrique
Lorsque j’ai commencé à travailler avec des patients pédiatriques, j’ai remarqué une tendance récurrente. De nombreux enfants découvraient la spirométrie pour la première fois lors de leur rendez-vous en clinique. On leur demandait d’apprendre rapidement une nouvelle technique de respiration tout en gérant le stress lié à une consultation médicale.
Cette réflexion a soulevé une question importante dans ma pratique : une préparation avant le rendez-vous pourrait-elle améliorer l’expérience de l’examen, tant pour les enfants que pour le personnel clinicien?
En m’appuyant sur mon expérience en tant que mère et entraîneuse de baseball pour les jeunes, j’ai commencé à réfléchir au rôle de l’entraînement pour aider les enfants à réussir. Lorsque les enfants comprennent ce qu’on attend d’eux et ont la possibilité de s’exercer à une nouvelle aptitude à l’avance, l’anxiété diminue souvent et leur résultat s’améliore.
Cette réflexion m’a amenée à développer un concept simple : fournir aux familles du matériel de préparation à la spirométrie pédiatrique avant le test.
L’idéal serait d’envoyer du matériel pédagogique aux familles plusieurs semaines avant le rendez-vous prévu pour la spirométrie, afin que les enfants et les parents aient le temps de comprendre le test et de se familiariser avec les manœuvres respiratoires. La trousse de préparation pourrait comporter une courte vidéo pédagogique conçue pour les enfants, dans laquelle un enfant explique et démontre la spirométrie étape par étape. Voir un autre enfant effectuer le processus peut aider à normaliser l’expérience et à réduire l’anxiété.
La trousse pourrait aussi inclure de l’information écrite pour les parents et l’équipe soignante, expliquant ce qu’est la spirométrie, pourquoi le test est réalisé, ce qui se passera pendant le rendez-vous, et comment soutenir l’enfant pendant le test. Fournir ces renseignements à l’avance peut aider les familles à mieux comprendre l’objectif et les attentes de l’évaluation.
Enfin, le matériel pourrait comprendre une brève explication des manœuvres respiratoires avec lesquelles les enfants pourraient se familiariser à la maison avant le rendez-vous. On pourrait, entre autres, demander aux enfants de s’exercer à prendre une grande inspiration, puis à expirer aussi fort et aussi vite que possible, comme pour souffler des bougies d’anniversaire. L’objectif ne serait pas d’obtenir un résultat particulier, mais plutôt d’aider les enfants à se familiariser avec la technique afin qu’ils puissent se concentrer sur le perfectionnement de la manœuvre plutôt que sur son apprentissage pendant le rendez-vous clinique.
Cette démarche fait état d’un principe élargi en soins pédiatriques : la réussite des tests dépend souvent de la collaboration entre le personnel clinicien, les parents et les enfants. Des études portant sur la spirométrie chez les enfants soulignent l’importance d’un environnement favorable et d’une communication claire pour aider les jeunes patients à mener à bien les examens fonctionnels respiratoires (Jat, 2013).
Fournir du matériel de préparation à l’avance peut représenter une amélioration modeste, mais importante au niveau du système, qui soutient les familles tout en aidant le personnel clinicien à obtenir des données spirométriques fiables.
De multiples facteurs affectant les enfants et les soins
Les enfants d’aujourd’hui grandissent dans un environnement respiratoire façonné par de multiples facteurs, notamment les préoccupations liées à la qualité de l’air ambiant, les maladies virales saisonnières, les débats en constante évolution sur la vaccination et l’accès limité à certains services spécialisés dans les communautés rurales.
Dans ce contexte, les infirmières et infirmiers et les autres membres du personnel clinicien de première ligne cernent souvent des lacunes pratiques dans l’offre de soins. Préparer les enfants à la spirométrie peut sembler une intervention modeste, mais améliorer l’état de préparation aux tests diagnostiques peut réduire l’anxiété, améliorer l’expérience clinique pour les familles et faciliter la collecte de données pertinentes pour le personnel clinicien.
Des recherches supplémentaires pourraient examiner si des programmes de préparation structurés améliorent les performances et la fiabilité de la spirométrie pédiatrique. En attendant, la collaboration, la créativité et l’apprentissage commun entre le personnel clinicien et les familles restent des outils essentiels pour soutenir la santé respiratoire des enfants. Parfois, les améliorations les plus importantes en matière de soins commencent par de petites idées issues de la pratique quotidienne.
Références
Boonjindasup, W., Chang, A. B., McElrea, M. S., Yerkovich, S. T. et Marchant, J. M. « Does the routine use of spirometry improve clinical outcomes in children? A systematic review », Pediatric Pulmonology, 57(10), 2022, p. 2390–2397. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35754141/
Jat, K. R. « Spirometry in children. Primary Care Respiratory Journal », 22(2), 2013, p. 221–229. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23732636/
Celise Hack, inf. aut., travaille au Foam Lake Health Centre en Saskatchewan.
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