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Questions et réponses : Entretien avec la sous-ministre de la Santé des Territoires du Nord-Ouest, un an après son entrée en fonction

  
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Jo-Anne Cecchetto maintient aussi une pratique clinique qui l’aide à « rester ancrée »

Par Jo-Anne Cecchetto
24 juillet 2023
Angela Gzowski Photography
« La communication est très importante et j’encourage tous les membres du personnel infirmier à continuer à raconter leurs histoires et à être solidaires. L’une de leurs caractéristiques les plus attachantes est leur capacité à prendre soin des autres et, malheureusement, ce peut être aussi au détriment de leurs propres soins. Il est vital que les infirmières et infirmiers prennent soin les uns des autres et d'eux-même », déclare Jo-Anne Cecchetto.
Notre de la rédaction : Jo-Anne Cecchetto a été nommée sous-ministre de la Santé et des Services sociaux pour le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest en juillet 2022. Infirmière canadienne lui a posé des questions sur ses réalisations et priorités au cours de l’année écoulée.

Quelle est votre grande priorité dans ce rôle?

Merci d’avoir pris contact avec moi. C’est un honneur pour moi de pouvoir m’adresser à l’Association des infirmières et infirmiers du Canada (AIIC).

Il est difficile de choisir une seule priorité lorsqu’on parle de notre système complexe de santé et de services sociaux. Cela étant dit, je dirais que les ressources humaines en santé constituent une priorité essentielle. Il va sans dire qu’il serait très difficile de maintenir et de soutenir un système de santé et de services sociaux sans main-d’oeuvre stable.

La profession infirmière a connu des périodes très éprouvantes ces trois dernières années. Comment continuez-vous à être aussi positive et passionnée?

En tant que sous-ministre, je tiens à reconnaître que non seulement la profession infirmière a connu des périodes très difficiles ces dernières années, mais que c’est également le cas pour l’ensemble du système de santé et des services sociaux. Je me réjouis toutefois de l’occasion qui m’est donnée de m’adresser à l’AIIC pour parler précisément des soins infirmiers.

Je pense que tous ceux et celles qui me connaissent diraient que je suis une personne de type relationnel. Je sais que cela peut sembler cliché ou idéaliste d’une certaine façon, mais je me souviens que j’ai toujours voulu être infirmière ou que j’ai toujours été passionnée par les soins infirmiers. Il peut parfois être difficile d’y parvenir lorsque l’on travaille dans des fonctions qui ne sont pas principalement axées sur les soins infirmiers. Cependant, je continue à vouloir parler au personnel et à entendre ce qu’il a à dire sur ses expériences de première main, sans oublier les patients. En effet, il est important pour moi de continuer à exercer comme infirmière praticienne, d’entendre directement les patients et de voir comment certaines de nos décisions politiques se traduisent une fois qu’elles sont mises en œuvre.

Vous avez une pratique clinique active en tant qu’infirmière praticienne. En quoi est-ce important de maintenir une connexion avec les soins directs?

Pour moi, c’était extrêmement important. J’ai lutté avec l’idée de devoir abandonner ma pratique clinique. Bien que le temps que je voue aux clients ait diminué au fil des ans, c’est quelque chose que je ne peux tout simplement pas abandonner. Tant que je peux continuer à exercer, je le fais.

En quoi votre travail d’infirmière praticienne a-t-il influencé votre travail en tant que sous-ministre?

J’ai toujours aimé l’équilibre entre les rôles cliniques et de direction. Le fait de travailler avec les clients et le personnel m’aide à rester ancrée, surtout lorsque j’ai l’occasion de voir certains de nos travaux administratifs prendre forme sous nos yeux et se concrétiser. Le fait d’avoir une connaissance directe du travail avec les clients et le personnel de première ligne m’a également aidée à éclairer le travail que je fais dans mes fonctions de direction. Parfois, l’équilibre n’est pas facile à trouver en raison de la charge de travail et des contraintes de temps, mais tout au long de ma carrière, j’ai toujours eu le sentiment que c’était un privilège de pouvoir travailler dans les deux domaines.

Compte tenu des difficultés des dernières années, quelles paroles de sagesse et d’encouragement offririez-vous aux membres du personnel infirmier qui ressentent de la frustration?

Il est important que les infirmières et infirmiers prennent conscience de leur contribution et de leur valeur individuelles et collectives. Il leur est parfois difficile de le constater, et encore plus de le ressentir, lorsqu’ils continuent de faire face à des difficultés qui peuvent souvent être quotidiennes. Les situations peuvent devenir encore plus frustrantes lorsqu’on ne s’exprime pas ou ne fait pas part de ses préoccupations. Souvent, c’est parce qu’ils ont l’impression de ne pas être entendus ou que la haute direction devrait déjà être au courant. C’est aussi une épreuve supplémentaire lorsqu’on vit ou travaille dans de petites communautés éloignées, où on ressent souvent de l’isolement, de la solitude et du mutisme. La communication est très importante et j’encourage tous les membres du personnel infirmier à continuer à raconter leurs histoires et à être solidaires. L’une de leurs caractéristiques les plus attachantes est leur capacité à prendre soin des autres et, malheureusement, ce peut être aussi au détriment de leurs propres soins. Il est vital que les infirmières et infirmiers prennent soin les uns des autres et d'eux-même.

Dans vos anciennes fonctions, de quoi êtes-vous la plus fière?

J’ai pu prendre part à de nombreuses initiatives au fil des ans, et j’en suis très reconnaissante. Ce genre d’événements va et vient, mais je dirais que je suis surtout fière des personnes que j’ai rencontrées et avec lesquelles j’ai travaillé, et de ce qu’elles m’ont appris, certaines leçons plus difficiles que d’autres, et souvent me touchant.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans le fait de vivre et de travailler dans le Nord?

J’ai toujours dit que le Nord avait été très bon pour moi, tant sur le plan personnel que professionnel. Le Nord est le secret le mieux gardé du Canada, tant en ce qui concerne le style de vie que la carrière. La profession infirmière est unique et se présente sous diverses formes dans les Territoires du Nord-Ouest. Mon arrivée dans le Nord il y a 35 ans a été à la fois stimulante et effrayante. Au début, le fait de ne pas savoir ce que je ne savais pas était probablement une bénédiction à l’époque. Plus j’acquérais de connaissances, plus il m’était difficile de partir. La pratique infirmière regorge de possibilités dans les Territoires du Nord-Ouest, dans tous les domaines et champs d’exercice. J’encourage tous ceux et celles qui ont déjà pensé à venir s’installer dans les Territoires du Nord-Ouest à le faire. Vous ne serez pas déçus!


Jo-Anne Cecchetto, inf. prat., M. Nurs., est sous-ministre de la Santé et des Services sociaux du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. Elle travaille dans les T.N.-O. depuis plus de 30 ans.

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