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Quels sont les avantages d’une approche de réduction des méfaits pour les clients? Pouvez-vous nous faire part de quelques récits?

  
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Visionnez notre vidéo de questions et réponses avec Cristina Zaganelli, infirmière praticienne spécialisée en réduction des méfaits (en anglais seulement)

Par Cristina Zaganelli
8 juillet 2024


Cet vidéo fait partie de la série La réduction des méfaits sauve des vies d’infirmière canadienne.


Cristina Zaganelli est infirmière praticienne en soins primaires qui compte plus de 15 ans d’expérience auprès de populations complexes et vulnérables présentant de multiples comorbidités, notamment des problèmes de toxicomanie et de santé mentale. Elle a obtenu son baccalauréat en sciences infirmières de l’Université de Calgary et sa maîtrise en sciences infirmières, ainsi que son diplôme d’études d’infirmière praticienne de l’Université Dalhousie. Cristina Zaganelli travaille actuellement pour le Opioid Dependency Program des services de santé de l’Alberta, où elle a participé à la mise en place de l’équipe mobile de proximité en traitement par agonistes opioïdes. Elle travaille au centre de santé CUPS (Calgary Urban Project Society) en tant que fournisseur de soins primaires pour les sans-abri et les personnes à faible revenu.

Dans sa vidéo, Cristina Zaganelli mentionne qu’une cliente (qui souhaite rester anonyme) voulait partager son histoire dans ses propres mots.

« Traitez-nous comme des humains, même si nous ne sommes pas au sommet de notre forme. »

La réduction des méfaits a été ma bouée de sauvetage, faisant passer mon état d’esprit de « lutte ou de fuite » à l’épanouissement. Sans cette intervention, je ne serais pas là aujourd’hui. En établissant des relations avec mon équipe de soutien, j’ai réalisé que quelqu’un se souciait vraiment de moi. L’accès à l’hydromorphone, une option plus sûre, m’a soulagée parce que je savais qu’elle était sûre et prévisible. Grâce à elle, j’ai enfin pu cesser de recourir au commerce du sexe et au vol, ce qui m’a permis de me concentrer sur la reconstruction de ma vie et de celle de mon fils.

La rencontre avec le travailleur social qui m’a aidée a été un moment décisif. Son attention sincère et sa crédibilité m’ont permis d’aller de l’avant lorsque je me sentais bloquée. Avant ces contacts, je me noyais dans la culpabilité et les regrets, et je pense sincèrement que je serais morte à l’heure actuelle. Le temps est devenu un cadeau et mes inquiétudes se sont atténuées. Aujourd’hui, j’entrevois un avenir où je pourrais aider les autres.

La fréquentation des hôpitaux était terrifiante; je craignais d’être jugée et étiquetée comme « en quête de drogue ». Pour être tout à fait honnête, je ne me suis jamais sentie en sécurité. Mais avec le traitement par agonistes opioïdes injectable, j’ai trouvé un environnement favorable. Voici ce que j’aime dire : « Venez pour la dose, restez pour la relation ». Je chéris la prise en charge globale, même si le programme était exigeant.

Le parcours avait ses hauts et ses bas, notamment lorsque des changements dans la réglementation provinciale ont entravé mon accès au traitement. J’ai failli faire une rechute. Mais la réduction des méfaits ne se limite pas à prévenir la mort; elle nous donne les outils nécessaires pour nous éloigner des flammes.

Mon conseil est simple. Nous pouvons savoir en deux minutes si quelqu’un est un allié. Dirigez avec amour. Offrez des ressources, pas des critiques. Traitez-nous comme des humains, même si nous ne sommes pas au sommet de notre forme. Ne discutez pas de nous sans nous faire prendre part à l’entretien. Nos expériences passées en matière de soins de santé façonnent nos craintes actuelles. Des limites trop souples ne nous aideront pas. Et n’abandonnez pas; ce jour-là pourrait tout changer.

Aider les autres n’est pas facile, mais ça en vaut la peine. Il faut de la persistance, de la persévérance et de la présence. La compassion sans jugement et des limites fermes sont essentielles. N’oubliez pas que nous ne cherchons pas de la pitié; nous avons simplement besoin de soutien.


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