Blog Viewer

Un infirmier formé à l’étranger dit que son ambition est de travailler en soins de santé et d’aider les autres

  
https://www.canadian-nurse.com/blogs/cn-content/2022/04/04/internationally-educated-nurse-says-purpose-in-lif

Profil 1 de 2 : co récipiendaire du prix Joan Lesmond IEN of the Year Award

By: Laura Eggertson
4 avril 2022
Gracieuseté de Rodolfo Lastimosa Junior
« Nous entretenons cette culture aux Philippines qui veut que lorsque nous prenons la voie des soins infirmiers ou de n’importe quel domaine de la santé, l’avenir soit plus brillant si nous partons à l’étranger, explique Rodolfo Lastimosa Junior. Les chances y sont meilleures d’aider les autres et sa propre famille. » Depuis son arrivée à Toronto, Rodolfo Lastimosa est resté concentré sur son rêve de devenir infirmier au Canada.

Le jour où il a manqué d’argent pour payer le métro en rentrant chez lui fait partie de l’une des périodes les plus creuses du long parcours de Rodolfo Lastimosa Junior pour faire reconnaître au Canada ses titres de compétences en soins infirmiers et en physiothérapie acquis aux Philippines.

C’était aux petites heures d’un matin glacial en 2016. Rodolfo Lastimosa rentrait à l’appartement de Toronto où il louait une chambre après un quart de travail comme infirmier occasionnel à Mississauga. Son salaire devait être déposé dans son compte le lendemain, et il lui manquait 1 $ pour prendre le métro.

À l’époque, Rodolfo Lastimosa suivait des cours de rattrapage le jour à l’Université de Toronto afin de faire reconnaître ses titres de compétences en physiothérapie. Le soir, ayant passé son examen d’autorisation professionnelle en 2013, il travaillait comme infirmier auxiliaire autorisé (IAA).

Constamment épuisé et ayant du mal à payer ses droits de scolarité, ses manuels et ses frais de subsistance, Rodolfo Lastimosa arrivait à peine à joindre les deux bouts.

Le matin où il n’a pas pu payer son billet de métro semblait être la goutte qui ferait déborder le vase. Mais Rodolfo Lastimosa n’a pas abandonné.

Il s’est jeté aux pieds d’un employé de la Toronto Transit Commission, qui lui a dit de « consulter un psychiatre », mais l’a laissé prendre le métro.

Aller jusqu’au bout

« C’était tellement difficile, se souvient Rodolfo Lastimosa de cette période de sa vie. Je ne dormais pas assez, j’étais tellement fatigué, mais je devais avancer et aller jusqu’au bout, parce que je devais terminer le programme. »

« Aller jusqu’au bout » pourrait être le mantra de Rodolfo Lastimosa. Un peu plus de 10 ans après son départ de Cagayan de Oro, sa ville natale aux Philippines, et son arrivée à Toronto en tant qu’immigrant reçu, une combinaison de travail acharné et de détermination a propulsé Rodolfo Lastimosa vers la ligne d’arrivée : devenir infirmier autorisé au Canada.

Plus tard cette année (2022), Rodolfo Lastimosa, 42 ans, prévoit de passer l’examen du NCLEX RN après avoir obtenu son baccalauréat en sciences infirmières du programme pour infirmiers formés à l’étranger de l’Université York en 2020.

« J’ai persévéré en faisant une demande d’admissibilité au titre d’infirmier auxiliaire autorisé. »

Depuis son arrivée à Toronto, Rodolfo Lastimosa est resté concentré sur son rêve de devenir infirmier au Canada. Aux Philippines, il était infirmier enseignant, infirmier autorisé, physiothérapeute autorisé et accoucheur, tout en étant titulaire d’une maîtrise. Il enseignait aux étudiants de troisième et quatrième année en sciences infirmières tout en travaillant au service d’urgence d’un hôpital.

Ses parents l’ont toutefois encouragé à déménager au Canada.

« Nous entretenons cette culture aux Philippines qui veut que lorsque nous prenons la voie des soins infirmiers ou de n’importe quel domaine de la santé, l’avenir soit plus brillant si nous partons à l’étranger, explique Rodolfo Lastimosa. Les chances y sont meilleures d’aider les autres et sa propre famille. »

Déprime et démoralisation

À son arrivée au Canada, Rodolfo Lastimosa a d’abord été découragé d’apprendre que l’Ordre des infirmières et infirmiers de l’Ontario refusait de reconnaître son titre d’infirmier autorisé.

« Je me sentais tellement déprimé et démoralisé, racontait-il dans un discours prononcé au CARE Centre for Internationally Educated Nurses, un centre d’appui aux infirmières et infirmiers formés à l’étranger. Toutefois, j’ai persévéré en faisant une demande d’admissibilité au titre d’infirmier auxiliaire autorisé. »

Tout en suivant les cours requis et en attendant d’être convoqué à l’examen pour devenir infirmier autorisé, Rodolfo Lastimosa a travaillé comme aide soignant au domicile d’un homme âgé atteint de démence. De garde 24 heures sur 24, six jours par semaine, il étudiait la nuit pendant que son patient dormait.

Après avoir réussi son examen pratique en soins infirmiers, il a continué à s’occuper de ce patient jusqu’à sa mort. Ce n’est qu’à ce moment là que Rodolfo Lastimosa a commencé à travailler pour une agence, tout en commençant le cours de rattrapage de 10 mois à l’Université de Toronto pour faire reconnaître son titre de physiothérapeute.

« Je suis demeuré à ses côtés jusqu’à son dernier souffle, car je ressentais un lien profond avec lui », se souvient il en évoquant son patient.

Aujourd’hui, Rodolfo Lastimosa occupe trois emplois d’infirmier auxiliaire autorisé : un premier à temps plein en gastroentérologie et en pneumologie à l’hôpital Humber River de Toronto, un deuxième à temps partiel à l’Institut de réadaptation de Toronto du Réseau universitaire de santé et un troisième à titre occasionnel, comme vaccinateur contre la COVID-19 au Centre de toxicomanie et de santé mentale.

« Je travaille presque tous les jours », lance t il en riant.

Pendant les rares heures où il ne travaille pas, Rodolfo Lastimosa aime le karaoké, la bonne chère et la musique, surtout le rhythm and blues et la musique religieuse. Il attribue également à sa foi profonde le fait de tenir le coup.

La COVID frappe

Ni la COVID, qu’il a contractée à la fin de décembre 2020, ni le long processus d’accréditation, ni même le décès de son père en août 2021 aux Philippines, ne sont venus à bout de ses objectifs d’obtenir son diplôme d’infirmier autorisé, d’économiser pour l’achat d’une maison et de fonder un jour une famille.

La COVID l’a plongé dans une nouvelle période sombre.

« Je me sentais mourir, et je n’avais personne vers qui me tourner parce que je n’ai pas de famille ici », explique t il.

Des amis ont laissé de la nourriture à sa porte, et sa mère lui a téléphoné et envoyé des messages. Après deux longues semaines d’isolement, il s’en est sorti. Peu de temps après, il a reçu des offres pour ses emplois actuels.

« Je suis fait pour être ici, affirme-t-il. J’ai l’impression que ma vie est vraiment ici, au Canada, et que je dois être solide et fort. À la fin d’une journée, si je me sentais seul ou déprimé, je repensais toujours à mon ambition d’être infirmier et d’aider les autres. »

En septembre 2021, Rodolfo Lastimosa est retourné aux Philippines pour la première fois en 10 ans, afin d’assister au service commémoratif de son père. Son chagrin a été tempéré par le fait de savoir que son père était fier de lui, d’autant plus que le Care Centre for Internationally Educated Nurses l’a nommé co récipiendaire du prix Joan Lesmond IEN of the Year Award en août dernier, le mois même où son père est décédé.

Il ne lui aurait pas été possible de remporter ce prix sans le soutien et l’inspiration qu’il a reçus de sa famille aux Philippines, a déclaré Rodolfo Lastimosa dans son discours d’acceptation.

« Plus particulièrement le soutien de mon père, qui est décédé tout récemment, et pour qui j’ai le respect et l’amour les plus profonds, et qui m’a légué la force de me mettre au défi et d’être toujours plus performant. »


Laura Eggertson is a freelance journalist based in Wolfville, N.S.


#profils
#étapesdecarrière ​​
#étudesinfirmières
#perfectionnementprofessionnel
#recrutementetmaintienenposte
0 comments
254 views

Connectez-vous pour laisser un commentaire