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Aider les aînés à découvrir de nouveaux horizons

  
https://www.canadian-nurse.com/blogs/cn-content/2015/04/01/helping-seniors-find-new-horizons

Avez-vous en tête un projet qui mobiliserait les aînés et renforcerait la communauté?

avr. 01, 2015, Par: Kate Jaimet

Série sur les personnes âgées : deuxième partie

Skier going through snow on a sunny day.
iStockphoto

Isobel Nemitz était presque septuagénaire quand elle a décidé de se mettre au ski de fond.

Après un grave problème de santé dans la cinquantaine, Mme Nemitz est redevenue active, comme avant, en s’inscrivant à un programme de conditionnement physique près de chez elle. Puis elle a cherché comment être plus active encore, mais craignait de se blesser en commençant un nouveau sport. Des amis du groupe de conditionnement lui ont alors parlé d’un programme de ski de fond au Caledonia Nordic Ski Club près de chez elle, à Prince George (C.-B.). Peu de temps après, c’était décidé : tout le groupe s’inscrirait!

« C’est drôle de voir ce qui nous inquiète : comment met-on des skis? Y a-t-il un ski de droite et un ski de gauche? Où est l’avant? Mais c’était très amusant parce que nous étions ensemble, raconte Mme Nemitz. Après les leçons, ma famille m’a offert un bon cadeau pour que je continue à skier. Ils m’ont dit “Ne lâche pas!” et je compte bien persévérer. Les cours de conditionnement physique et le ski m’ont redonné vie. »

Les cours de ski auxquels Mme Nemitz s’est inscrite font partie du programme « Active for Life » du club, qui est subventionné par le programme Nouveaux Horizons pour les aînés (NHA) du gouvernement fédéral.

Depuis 2004, le programme NHA a financé plus de 12 000 projets dans deux grandes catégories :

  • des projets communautaires d’un an pouvant recevoir jusqu’à 25 000 $;
  • des projets pancanadiens pouvant durer jusqu’à trois ans et recevoir jusqu’à 250 000 $ par an.

Le programme reçoit actuellement 50 millions de dollars par an d’Emploi et Développement social Canada, après l’ajout de 5 millions de dollars dans le budget fédéral de 2014.

Il devrait y avoir un appel de propositions pour des projets communautaires au printemps 2015. Pour être admissibles, les projets doivent viser au moins un des cinq objectifs du programme :

  • promouvoir le bénévolat chez les aînés et les membres des autres générations;
  • inciter les aînés à participer à la vie communautaire en encadrant d’autres personnes;
  • accroître la sensibilisation aux mauvais traitements envers les aînés, y compris l’exploitation financière;
  • appuyer la participation et l’inclusion sociales des aînés;
  • fournir une aide à l’immobilisation pour les projets et programmes destinés aux aînés.

Ces quatre dernières années, les projets pancanadiens ont principalement porté sur la maltraitance des aînés, et deux initiatives importantes dans ce domaine ont été dirigées par des infirmières autorisées. De 2010 à 2012, l’AIIC et l’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario (RNAO) ont travaillé ensemble sur un programme visant à préparer le personnel des établissements de soins de longue durée à accroître la sensibilisation aux mauvais traitements envers les aînés. Dix établissements à travers le pays ont été choisis comme sites de projet de centres d’excellence en prévention de la violence envers les aînés, et plus de 900 employés ont suivi un cours en cinq modules pour en savoir plus sur la maltraitance des aînés. Au terme du projet, en 2012, la RNAO a reçu un financement pour la préparation de matériel pédagogique et pour la rédaction d’une ligne directrice sur les pratiques exemplaires pour la prévention et la résolution des mauvais traitements et de la négligence envers les aînés. La ligne directrice a été publiée à l’automne de 2014.

Maintenant que les projets de sensibilisation à la maltraitance des aînés se terminent, les projets pancanadiens vont s’attaquer à la question de l’isolement social. Dans un discours prononcé en février dernier, Alice Wong, ministre d’État (Aînés), a affirmé que l’isolement social revient souvent dans ses discussions avec les personnes âgées.

« Anciennement, les aînés vivaient avec leurs enfants d’âge adulte et jouissaient de leur compagnie au quotidien, mais cela ne fait plus partie de notre culture... de plus en plus d’aînés vivent seuls, isolés du reste de la collectivité... Le fait est que l’isolement social des aînés du Canada n’est rien de moins qu’une tragédie qui a des conséquences réelles pour tous les citoyens, jeunes et vieux », a déclaré la ministre.

Ce nouvel axe de travail coïncide avec la publication par le Conseil national des aînés de son Rapport sur l’isolement social des aînés – 2014. Les auteurs du rapport y indiquent que d’après les données de Statistique Canada, 19 % des personnes âgées de 65 ans ou plus manquent de compagnie ou se sentent délaissés ou isolés. Au terme de consultations et d’une revue exploratoire poussée de la littérature, le Conseil est arrivé à la conclusion que l’isolement social des aînés peut être à l’origine de la perte du « patrimoine non quantifiable d’expérience transmis par les adultes les plus âgés à nos familles, à nos quartiers et à nos collectivités ». Outre ces coûts sociaux, le manque de contacts peut aussi entraîner des problèmes pour les aînés mêmes, comme une diminution des compétences sociales, une mauvaise alimentation, une consommation accrue d’alcool et la dépression.

Dans le cadre de ses consultations, le Conseil a utilisé un questionnaire en ligne pour cerner les facteurs de risque les plus susceptibles de contribuer à l’isolement social. D’après les 179 répondants – des aînés et des personnes qui travaillent avec eux –, il existe plusieurs grands facteurs de risque, dont la pauvreté, l’absence d’amis proches ou de parents, le manque d’accès à des services communautaires et de transport, les problèmes de santé, les problèmes d’alphabétisation et les difficultés à accéder à un équipement informatique ou à l’utiliser.

Linda Wang, coordinatrice des liens communautaires au Conseil multiculturel de Peel à Mississauga (Ont.), voit beaucoup de ces problèmes chez les aînés qui ont immigré au Canada, souvent tard dans leur vie. « Ils ont passé presque toute leur existence à l’étranger. Leurs enfants travaillent et sont très occupés, et leurs petits-enfants parlent anglais. Du coup, ils sont naturellement très seuls », explique-t-elle.

Son organisation a récemment reçu une subvention de 24 000 $ pour un projet communautaire visant à enseigner aux personnes âgées comment utiliser les technologies de communication, du courriel aux sites de médias sociaux comme Facebook, en passant par des applications mobiles comme WeChat. « Certains d’entre eux, constate Mme Wang, filment les activités du groupe, comme les excursions dans des musées ou en plein air, puis les téléchargent sur YouTube pour que la communauté en profite. »

En 2014, le programme NHA a approuvé 24 grands projets pilotes visant à lutter contre l’isolement social. La liste des projets n’a pas encore été rendue publique, mais on sait que chaque projet recevra du gouvernement fédéral un maximum de 100 000 $ sur 2 ans. Pour être admissibles, les organisations devaient avoir obtenu le même financement d’une autre source. D’après la ministre Wong, ces partenariats accroissent souvent la portée des projets grâce à l’expérience et aux idées qu’apportent les organisations partenaires.

D’après Earl Maynard, directeur des Communications pour la ministre Wong, on attend en avril 2015 un appel de propositions pour des projets de lutte contre l’isolement social. « Le ministère est en train de régler les derniers détails, qui seront aussi annoncés le temps venu. Nous essayons d’utiliser le rapport du Conseil des aînés du Canada et ces projets pilotes pour avoir le plus grand impact possible. »

AIIC : Le programme doit mettre l’accent sur la santé et l’activité

L’AIIC est d’avis que le programme Nouveaux Horizons devrait davantage mettre l’accent sur la santé et la forme physique. C’est pourquoi, depuis l’automne dernier, l’Association démarche les politiciens pour qu’un sixième objectif y soit ajouté : aider les aînés à rester actifs et en santé.

En réponse aux questions d’infirmière canadienne, la ministre Wong, Irene Mathyssen, porte-parole du NPD pour les questions relatives aux aînés, et John McCallum, son homologue chez les Libéraux, ont tous loué le programme en général. « Absolument. Nous voyons les résultats d’excellents projets à travers le pays », a écrit Mme Wong dans un courriel.

Le NPD et les Libéraux appuient la demande spécifique de l’AIIC pour l’ajout d’un sixième objectif au NHA, et l’Association continuera de travailler avec le Parti conservateur pour obtenir son appui.

Valorisation des connaissances, compétences et expériences dans des projets communautaires issus du programme NHA

Un programme d’exercice reçoit le coup de pouce d’un DVD

Si vous entendez la musique du groupe Bill Haley and His Comets jour et nuit dans un sous-sol d’église du district de Kawartha Lakes, en Ontario, il y a des chances qu’il s’agisse d’une séance de SAGES – un programme de conseils et d’exercices accessibles pour les personnes âgées, conçu pour renforcer leurs forces et leur équilibre. Jetez un œil dans la pièce, et vous verrez un groupe d’aînés suivant les instructions en écoutant un nouveau DVD d’exercices produit par Community Care City of Kawartha Lakes et financé par NHA.

Bénévole associée à SAGES depuis longtemps, Judie Schell est dans la vidéo, avec deux autres bénévoles et un instructeur ayant reçu une formation en conditionnement physique. Il était grand temps, à son avis, que le DVD vienne remplacer la vieille cassette VHS qu’ils utilisaient depuis dix ans.

Armés du nouveau DVD, les bénévoles se déploient dans les communautés dispersées de cette région rurale pour donner des séances d’exercice dans des églises et des centres communautaires, parfois même dans des stades, pour une fraction de ce que cela coûterait si on embauchait des instructeurs.

« Quand les gens me demandent comment ce programme a pu survivre si longtemps, je leur réponds : “Parce qu’il fonctionne”, lance Mme Schell. En milieu rural, les gens n’ont pas beaucoup d’argent. Quand on leur propose des séances d’exercice de dix semaines en échange d’une modeste contribution, ils participent. »

Soirée country : des aînés brûlent les planches

Le fantôme de Hank Williams se serait cru chez lui à Carbonear (T.-N.-L.), en juin dernier, quand 50 interprètes de 4 à 83 ans, portant chapeaux de cowboy et verroterie, chantaient à tue-tête des airs de country au Good Old Carbonear Opry show.

Financé par NHA, le spectacle était l’idée de Florence Button, 66 ans, qui se décrit comme « travailleuse indépendante en semi-retraite, trop folle pour rentrer chez elle et profiter de ses temps libres ».

« Des fois, les personnes âgées regardent les jeunes et les trouvent irresponsables, ils en ont presque peur. De leur côté, les jeunes nous voient souvent comme des vieux machins qui ont perdu la tête, laisse tomber Mme Button. Il me semblait que l’on pouvait faire quelque chose pour rapprocher un peu les deux groupes. »

À voir l’accueil qu’a reçu son idée, elle avait raison : le spectacle a fait salle comble et tous ont participé avec enthousiasme, les enfants et les jeunes comme les aînés.

« Ce qui m’a le plus impressionné, c’est le nombre d’adolescents qui ont voulu chanter ces airs d’autrefois, renchérit Heber McGurk, 83 ans, qui a interprété des chansons du renommé Little Jimmy Dickens. J’ai trouvé ça magnifique. »

Ateliers culturels pour favoriser le dialogue entre les générations

Dans le hameau arctique de Cambridge Bay, au Nunavut, la plupart des aînés inuits ne parlent pas la même langue que leurs enfants et petits-enfants. Alors que beaucoup de gens de plus de 50 ans parlent uniquement inuinnaqtun, une langue parente de l’inuktitut, la majorité des jeunes ne parlent qu’anglais, conséquence du système des pensionnats

La Kitikmeot Heritage Society cherche à combler ce fossé au moyen d’ateliers culturels visant à rapprocher les générations. Beaucoup de ces ateliers, le mentorat par des aînés et l’utilisation des compétences traditionnelles, par exemple, ont été financés par NHA. Le projet le plus récent portait sur la fabrication de harpons et la chasse au phoque.

« Ici, dans le Nord, beaucoup de l’apprentissage se fait par l’expérience, et non en salle de classe, souligne le directeur général, Brendan Griebel. L’idée est de réunir les gens autour d’un savoir-faire, quelque chose de concret que l’on peut observer, puis faire, apprendre et reproduire. En l’absence de compétences linguistiques communes, communiquer par quelque chose de matériel est particulièrement important. »

Pendant l’atelier de deux semaines, des aînés ont appris à de jeunes adultes et à des enfants comment fabriquer des harpons. Puis ils sont allés ensemble à la chasse au phoque. Partager un savoir-faire est devenu une façon de panser une blessure culturelle.

« L’incidence sociale des projets intergénérationnels est trop souvent ignorée, déplore M. Griebel. Nous devons commencer à voir ces programmes axés sur la culture et la langue comme des façons de contribuer directement au bien-être mental et physique des participants, mais aussi, plus globalement, de la société. À mon avis, une communauté où les gens travaillent ensemble, apprennent au contact les uns des autres et célèbrent leur héritage ancestral est généralement une communauté en bonne santé. »

Des bénévoles restaurent un vieil avion militaire

L’avion de chasse exposé à l’extérieur du Musée national de la force aérienne du Canada à Trenton (Ont.), un F-86 Sabre, était autrefois impressionnant avec ses ailes en flèche, son fuselage doré et un aigle rouge et blanc stylisé peint sur le flanc. Mais des années d’exposition aux éléments et de négligence avaient laissé l’avion cabossé et rouillé, bien loin de son vertigineux passé.

Tout cela a changé grâce à une subvention de NHA et huit mois de soins aux mains de bénévoles dans l’atelier de restauration du Musée. « Notre département de restauration est entièrement constitué d’aînés, souligne le conservateur du musée, Kevin Windsor. Certains viennent parce qu’ils réparaient autrefois des avions et veulent continuer. D’autres parce que leurs amis les y traînent. C’est un super endroit où venir et transmettre leurs compétences. »

De juillet 2014 à février 2015, les bénévoles ont réparé les bosses et les égratignures et même remplacé certains éléments de la structure en aluminium. Des membres du personnel des Forces canadiennes ont ensuite repeint l’avion avant qu’on le remette en exposition devant le Musée à la BFC Trenton, cet été.


Kate Jaimet est rédactrice indépendante à Ottawa (Ontario).

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