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Enseigner et mener par l’exemple

  
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Maureen O’Connor a choisi une façon bien à elle de soulager la souffrance

nov. 02, 2015, Par: Laura Eggertson
Maureen O’Connor with students
John Gardiner, Vancouver Island University

Quand Maureen O’Connor s’est connectée sur Facebook un jour de février dernier, la situation d’un jeune homme qui attendait une greffe du rein depuis huit ans a attiré son attention.

Mme O’Connor est professeure au programme de baccalauréat en sciences infirmières et doyenne associée par intérim, Santé et services sociaux, à l’Université de l’île de Vancouver (UIV) à Nanaimo (C.-B.). Elle a vu l’impact qu’ont les maladies du rein sur les gens et sur leur famille. « Ils essayent de gérer leur santé, en même temps que la maison, la famille et le travail. Les impératifs de la dialyse ajoutent aux difficultés de vivre avec une maladie chronique. » Il lui est apparu que donner un rein incarnait l’attitude qu’elle essaye d’inculquer à ses étudiants.

« Pour moi, les soins infirmiers consistent à faire le nécessaire pour réduire les souffrances des gens, dit-elle simplement. Être une donneuse vivante est une façon de réduire les souffrances. Je me suis dit “pourquoi ne pas le faire”. »

Des années plus tôt, Mme O’Connor avait fait sienne la devise de son école secondaire à Saint Johh (N.-B.) : « Fais ce que tu peux, avec ce que tu as, ici, maintenant ». Ces paroles l’ont guidée tout au long de sa carrière en pratique clinique et dans l’enseignement. Après avoir obtenu son B. Sc.inf. de l’Université du Nouveau-Brunswick en 1990, elle a travaillé dans des unités de soins médico-chirurgicaux et des centres de réadaptation à Houston (Texas) et à Fredericton. Puis elle a repris les études pour obtenir une maîtrise en sciences infirmières de l’Université d’Ottawa. Quand elle a déménagé à Nanaimo, Mme O’Connor travaillait en réadaptation; elle s’est mise à l’enseignement à l’UIV en 2002.

Lorsque l’idée lui est venue, Mme O’Connor s’est immédiatement renseignée sur les démarches nécessaires pour devenir une donneuse de rein vivante. Elle a d’abord contacté BC Transplant, qui supervise les dons et les greffes d’organes dans la province. Elle a appris qu’il y avait un besoin urgent de donneurs pour les centaines de personnes en attente de greffes, que l’organisme avait un programme de dons anonymes de reins vivants et que les méthodes de greffe avaient beaucoup progressé.

En excellente santé, Mme O’Connor était une bonne candidate. À 52 ans, sa famille et sa carrière étant bien établies, elle estimait qu’elle pouvait faire don d’un de ses reins sans s’exposer à de grands problèmes. Avec le soutien de son mari et de ses enfants, elle a rempli les formulaires pour lancer le processus.

Toutefois, avant qu’elle ne les remette, les médias sociaux sont à nouveau intervenus, changeant le cours de sa vie. Gina Polisky, amie de jeunesse d’une des amies de Mme O’Connor, a affiché un appel pressant sur Facebook (ce que font de plus en plus de gens qui cherchent des donneurs d’organes) : son mari avait besoin d’un rein.

Murray Polisky souffrait d’une insuffisance rénale grandissante et avait besoin d’une greffe pour éviter la dialyse et, en fin de compte, pour survivre. L’amie de Mme O’Connor lui a parlé du couple et les a mis en contact.

Dès qu’il a été confirmé qu’elle et M. Polisky avaient le même groupe sanguin, elle a mis son nom sur les formulaires, comme receveur. « Le fait d’avoir identifié un receveur potentiel a renforcé ma détermination. Je voulais vraiment qu’on y arrive, pour lui. » L’idée de devoir subir une lourde opération entraînant de six à huit semaines de convalescence ne l’a pas découragée, et elle a subi une série d’examens préparatoires.

En juillet dernier, Mme O’Connor s’est rendue à Vancouver pour l’opération. Outre quelques complications dues à une réaction aux analgésiques qu’on lui avait administrés, elle et M. Polisky se sont bien remis de l’intervention.

Son opération et son hospitalisation ont été une façon extrême de découvrir les soins de santé du point de vue du patient, avoue-t-elle en plaisantant. « L’expérience dans son ensemble a magnifié à ses yeux l’importance des infirmières et infirmiers, de ce qu’ils font, de leur pensée critique, de leur défense des droits des patients et de leur sens des priorités. » Elle a aussi remarqué combien chacun de leurs petits gestes est significatif. Dans ses cours, Mme O’Connor explique à ses élèves comment tout cela l’a aidée pour qu’ils comprennent combien leur rôle est crucial.

Elle souhaite vivement trouver des moyens de démythifier le don d’organe et d’inspirer les gens pour qu’ils voient que c’est faisable. Mme O’Connor ne cherche pas à convaincre d’autres infirmières et infirmiers qu’ils doivent devenir des donneurs vivants. Ils en font déjà assez, insiste-t-elle. Son message est simplement qu’ils doivent se concentrer sur ce qu’ils peuvent faire pour atténuer la souffrance et qu’ils comptent énormément pour leurs patients.

10 questions à Maureen O’Connor

Quel mot vous décrit le mieux?
Déterminée

Si vous pouviez changer une seule chose vous concernant, qu’est-ce que ce serait?
La liste est trop longue pour n’en citer qu’une.

De tout ce que vous avez accompli, de quoi êtes-vous la plus fière?
J’ai trois enfants qui ont de l’assurance et qui sont gentils et respectueux.

Quelle est la chose que les gens seraient le plus surpris d’apprendre à votre sujet?
J’aime me déguiser en clown à l’occasion pour surprendre les gens (agréablement).

« Si j’avais plus de temps à ma disposition, ... »
J’apprendrais à parler français.

Où avez-vous passé vos dernières vacances?
À l’Hôpital général de Vancouver

Quel est l’endroit du monde que vous aimeriez le plus visiter?
La France

Quel est le dernier livre captivant que vous avez lu?
The Elephant in the Office: Super-Simple Strategies for Difficult Conversations at Work de Diane A. Ross

Quel est le meilleur conseil de carrière qu’on vous ait donné?
N’abandonne jamais.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre travail actuel?
L’enthousiasme, la détermination, l’intelligence, l’énergie et l’authenticité de mes élèves sont formidables.


Laura Eggertson est journaliste indépendante à Ottawa.

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