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Une carrière en santé mondiale, ça vous intéresse? Ne laissez pas la COVID-19 freiner vos ambitions

  
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Pourquoi cette option reste possible malgré la pandémie

Par Nancy Edwards
4 juillet 2022
Gracieuseté de Nancy Edwards
Selon Nancy Edwards, figurant ci dessus en train de peser un bébé en région rurale de la Sierra Leone, en Afrique de l’Ouest, dans les années 1970, le travail à l’étranger était « stimulant, captivant et passionnant. » Elle encourage tout le personnel infirmier à envisager ce type de travail par n’importe quel moyen possible.

L’occasion de travailler en milieu rural en Sierra Leone, en Afrique de l’Ouest, en tant qu’infirmière et enseignante en santé communautaire a changé ma vie et ma carrière. J’étais initialement partie pour deux ans, mais j’y suis restée cinq ans. Le travail au village et en classe était stimulant, captivant et passionnant. Les gens de l’endroit m’ont inspirée : des mères, des chefs, des accoucheuses traditionnelles et des membres du comité de santé du village, qui militaient en faveur de l’amélioration de la santé. Ils m’ont enseigné les fondements des soins de santé primaires que sont la confiance, le dialogue authentique, l’action collective, le pouvoir des ancêtres, le leadership du village et les rôles des personnes issues ou non de la culture locale. Ce que j’ai appris en Sierra Leone au cours de ma carrière en santé mondiale m’a servi à maintes reprises par la suite.

Gracieuseté de Nancy Edwards
« Bien que les possibilités de travailler à l’étranger aient au moins temporairement diminué, il existe d’autres façons de s’attaquer aux enjeux de santé mondiale et d’apporter de l’aide en cette période de pandémie », affirme Nancy Edwards.

Bon nombre d’infirmières et d’infirmiers canadiens ont jeté les bases de leur carrière en travaillant dans des pays en développement. Je suis une de celles qui ont pratiqué les soins infirmiers dans un pays à revenu relativement faible auprès d’une organisation de développement international, dans mon cas Cuso International (anciennement CUSO). Entraide universitaire mondiale Canada, Crossroads International et la Croix Rouge canadienne sont d’autres organisations qui ont affecté du personnel infirmier à l’étranger. Malheureusement, la pandémie de COVID-19 a radicalement modifié les programmes et les possibilités de stages pratiques par l’entremise de telles organisations. Les possibilités d’affectation de personnel infirmier à l’étranger ont diminué à court terme et semblent incertaines à long terme. Le personnel infirmier tenté par ce type de travail doit se demander si cette option a disparu. Je ne le pense pas, et voici pourquoi.

Obstacles au travail à l’étranger

Il y a toujours eu des obstacles au travail à l’étranger, notamment le coût, la recherche d’un poste et d’un pays adéquats et l’agrément professionnel. Lorsque j’ai obtenu mon baccalauréat en sciences infirmières de l’Université de Windsor en 1974, j’étais prête à me porter volontaire auprès de CUSO, mais j’ai été déçue d’apprendre qu’on exigeait au moins deux ans d’expérience clinique. En 1978, j’avais acquis l’expérience professionnelle nécessaire, et j’ai été affectée en Sierra Leone, où ma carrière en santé mondiale a été façonnée, cimentée et lancée.

Bon nombre d’infirmières et d’infirmiers canadiens ont jeté les bases de leur carrière en travaillant dans des pays en développement.

Le travail dans les pays en développement a changé depuis les années 1970. À l’époque, de nombreux pays africains tentaient de composer avec leur statut relativement nouveau de pays souverains. La démarche fondée sur le ruissellement en matière de développement mondial était fermement ancrée. On s’inquiétait de plus en plus d’une explosion démographique non viable, et les programmes de planification familiale étaient controversés. Nous étions près de la fin d’une période de 40 ans au cours de laquelle la population mondiale avait presque doublé, passant de 2,3 à 4,4 milliards d’habitants. Les limites de la croissance faisaient l’objet de discussions, mais les Nations Unies (ONU) n’avaient pas encore de programme pour le développement durable ni d’antécédent de sommets sur les changements climatiques. La Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant ne serait signée qu’en 1989, et le Canada n’approuverait officiellement la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones qu’en 2016. Le VIH/sida n’avait pas encore porté ses coups mortels. Les objectifs du Millénaire pour le développement (2000 2015) et le Programme de développement durable (2016-2030), qui décrivent des pistes et des engagements pour réduire les inégalités en matière de santé, n’étaient pas encore formulés.

Cinq actions à prendre

Chaque décennie semble opposer de nouveaux obstacles à la santé mondiale et révéler des problèmes persistants. La COVID 19 a remis en lumière des inégalités en matière de santé qui existent depuis longtemps au sein des pays et entre eux. Ces inégalités sont la condition indispensable qui fait que certains infirmiers ou infirmières se sentent obligés d’offrir de l’aide internationale dans un pays à revenu relativement faible. Bien que les possibilités de travailler à l’étranger aient au moins temporairement diminué, il existe d’autres façons de s’attaquer aux enjeux de santé mondiale et d’apporter de l’aide en cette période de pandémie.

Travailler activement avec la diaspora

Des infirmières et infirmiers de nombreuses régions du monde vivent dans nos communautés. À maintes reprises, nous avons entendu leurs appels pour des façons plus sûres, plus faciles à gérer et plus sécurisées d’obtenir leur autorisation d’exercer au Canada. Apprenez en davantage sur leurs difficultés. Tendez la main à ces infirmières et infirmiers. Envisagez les possibilités de leur offrir du mentorat. Prenez le temps de les rencontrer et de dialoguer avec eux et permettez que vos préjugés sur la préparation et la pratique infirmières dans d’autres pays soient remis en question et modifiés. Invitez ces infirmières et infirmiers à relater leurs expériences professionnelles dans d’autres systèmes de santé à vos collègues canadiens. Offrez aux travailleurs de la santé immigrants et réfugiés des occasions informelles de s’exercer à utiliser des termes infirmiers et médicaux dans une des langues officielles du Canada. Encouragez les à surmonter les obstacles à l’obtention du permis d’exercice. Réfléchissez à la façon dont vous pouvez plaider en faveur d’une rationalisation des processus d’autorisation à exercer auprès de l’association ou de l’ordre réglementaire de votre province ou territoire.

Offrir des possibilités d’apprentissage mutuel

Explorez les options qui permettraient aux étudiants en sciences infirmières des pays à revenu relativement faible et des pays à revenu supérieur de faire partie de cercles d’apprentissage virtuels par l’entremise d’Internet et encouragez-les à s’inscrire à un programme de mentorat. Fournissez des occasions d’apprentissage mutuel sur les réussites et les échecs dans la pratique et sur les façons dont les systèmes de soins de santé peuvent appuyer ou étouffer les efforts du personnel infirmier en vue d’améliorer la santé dans différentes régions du monde. Trouvez les points de contact.

Examiner les innovations dans la pratique

Les milieux aux ressources limitées sont depuis longtemps un terreau fertile pour l’innovation dans la pratique. Par exemple, la solution de réhydratation orale, imaginée comme option de rechange à l’administration par intraveineuse d’eau et d’électrolytes pour les victimes du choléra, a été élaborée au Bangladesh et a sauvé d’innombrables vies dans des pays à revenu relativement faible et à revenu supérieur. La méthode kangourou a pris forme en Colombie, où une infirmière a employé cette technique lorsqu’aucun incubateur néonatal n’était disponible. Des démarches d’évaluation communautaire rapides ont été formulées en réaction à des crises sanitaires locales en Asie du Sud Est. Le recours au théâtre pour la sensibilisation à la santé vient de pays d’Afrique et des Caraïbes et peut changer la donne pour le public, sans égard à sa scolarité. Des travailleurs de santé communautaire de villages ruraux ont adapté les téléphones cellulaires de première génération pour en faire des outils viables de collecte de données des ménages. Il n’est pas étonnant que la COVID 19 soit aussi une source d’innovation. Nous pouvons redoubler l’apprentissage mutuel des diverses façons dont le personnel infirmier peut appuyer la santé mentale, physique et sociale des patients et des communautés en temps de crise et de pénurie.

Se renseigner sur la décolonisation de la santé

Les infirmières et infirmiers et les enseignants en sciences infirmières peuvent entamer une période d’autoapprentissage ou rassembler des professionnels animés des mêmes intérêts, créer un groupe de discussion ou organiser un congrès (comme dans cet exemple) pour en savoir plus sur la décolonisation des soins de santé, les inégalités sanitaires, les traumatismes intergénérationnels et l’histoire des Noirs du Canada. Notre passé colonial avec les peuples autochtones est aussi un élément que nous pouvons mieux comprendre, et lire des articles à ce sujet est un bon point de départ. Pour ceux qui manifestent un intérêt marqué pour le travail à l’étranger, il y a des leçons à tirer des expériences de la colonisation et de ses répercussions sur les politiques, les structures et l’autodétermination. Pendant leurs années de formation au Canada, la plupart des infirmières et infirmiers ont appris bien peu de choses, voire rien du tout, sur les pensionnats autochtones et leur incidence intergénérationnelle ou sur les échecs systémiques qui continuent d’alimenter les injustices parmi les peuples autochtones. Pensons, par exemple, aux avis d’ébullition de l’eau courante dans certaines réserves des Premières Nations au Canada.

Tendre la main aux autres

Les infirmières et infirmiers et les enseignants en sciences infirmières peuvent se rallier aux autres pour entamer un dialogue sur les démarches en santé mondiale, sur leur évolution (ou non), sur les façons dont elles doivent changer et sur les manières de plaider en faveur d’améliorations au pays ou à l’étranger. Le moment est venu de s’attarder plus en profondeur sur la façon dont nous fournissons les soins infirmiers à l’heure actuelle et comment nous percevons les diverses populations du Canada. Soyez prêt à remettre en question vos préconceptions et façons de penser. Nous pouvons tous sortir de cette pandémie mieux informés et redynamisés.

Une occasion à saisir

Profitons de cette interruption des voyages aux fins de développement international pour chercher de nouvelles options pour la mobilisation mondiale. Chaque infirmière et infirmier, quels que soient son âge et son milieu de travail, est bien positionné pour saisir plus pleinement ce que signifie la citoyenneté mondiale. Peut être plus que jamais auparavant, les occasions d’apprentissage réciproques dans d’autres pays sont à notre portée, et fournissent un regard nouveau sur ce que veut dire une carrière à l’étranger pour le personnel infirmier.

Découvrez le point de vue du gouvernement fédéral sur la façon de prendre part au développement international.


Nancy Edwards, inf. aut., Ph. D., MACSS, est professeure émérite à la Faculté des sciences infirmières de l’Université d’Ottawa. Elle est l’auteure de l’ouvrage Not One, Not Even One: A Memoir of Life-Altering Experiences in Sierra Leone, West Africa. www.nancyedwards.ca

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