Premiers pas vers un plan d’action national en matière de stress post-traumatique

Janvier-Février 2017   Commentaires

Comme les pompiers, les ambulanciers et les policiers, le personnel infirmier travaille parfois dans des conditions traumatisantes et violentes, avec des répercussions sur sa santé mentale et son bien-être. C’est pourquoi, en septembre dernier, Sécurité publique Canada (SP) et l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) ont invité l’AIIC, parmi d’autres principaux intervenants en santé mentale, à une table ronde pour aider à élaborer un plan d’action national sur les blessures de stress post-traumatique (BSPT).

Ce plan est une priorité du gouvernement fédéral depuis son arrivée au pouvoir. La Lettre de mandat du ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Ralph Goodale, comporte un appel à « travailler avec les provinces et les territoires et la ministre de la Santé à l’élaboration d’un plan d’action national coordonné sur le trouble de stress post-traumatique, qui touchent [sic] les agents de sécurité publique de façon disproportionnée ». Un engagement a été pris dans le budget 2016 à veiller à ce que « les agents de la sécurité publique se voient offrir le soutien et les traitements dont ils ont besoin en cas de trouble du stress post-traumatique ».

La question des différences entre le TSPT et les BSPT a été débattue à la table ronde. BSPT est le terme suggéré par certains fournisseurs de soins de santé, qui trouvent le terme blessure plus juste et moins stigmatisant que trouble. D’autres ont suggéré que l’on garde les deux termes et que l’on parle de BSPT pour reconnaître le traumatisme d’un patient qui ne remplit pas tous les critères diagnostiques du TSPT. Le groupe a également discuté de l’effet d’un changement capital dans le DSM-5 avec la classification, à présent, du TSPT dans les troubles liés à un traumatisme ou au stress, non plus comme un trouble de l’anxiété.

Lisa Ashley, infirmière-conseillère principale à l’AIIC, faisait partie du groupe qui a rencontré des sous-ministres adjointes de SP et de l’ASPC. Elle leur a transmis la recommandation de l’Association de créer des programmes de perfectionnement professionnel sur les BSPT et le TSPT pour les praticiens de la santé, en particulier le personnel infirmier autorisé et praticien. L’AIIC demande en outre que le personnel infirmier soit représenté au sein du groupe consultatif du gouvernement fédéral sur la santé mentale des anciens combattants et dans le travail de SP sur la santé au travail.

« L’AIIC veillera à ce que la profession infirmière participe aux travaux, fédéraux et autres, pour faire progresser la recherche et combler les lacunes dans l’accès qu’ont les gens aux services de santé et sociaux au sein de leur communauté », a déclaré Mme Ashley.

L’Ontario, le Manitoba et l’Alberta ont promulgué des lois reconnaissant le TSPT comme une maladie du travail pour les premiers intervenants, en particulier les pompiers, les ambulanciers et les policiers. Cependant, il faudra élargir les lois existantes et futures pour que soient aussi couverts le personnel infirmier et les autres praticiens de la santé, affirme Mme Ashley, pour qu’ils puissent accéder à des programmes de prévention et de traitement.

Des recherches montrent que les infirmières et infirmiers qui travaillent aux urgences, en soins intensifs et en soins néonatals intensifs sont particulièrement à risque de TSPT ou de BSPT. On manque néanmoins de données sur l’ensemble du personnel infirmier. Il faudrait, croit Mme Ashley, un meilleur suivi de toutes les professions de la santé. La mort et les blessures font partie du quotidien des infirmières et infirmiers, leurs patients ont des taux de mortalité et de morbidité élevés, ils sont aux prises avec des dilemmes déontologiques, la violence et des tensions au travail. Qui plus est, leurs risques de souffrir de TSPT ou de BSPT augmentent encore en l’absence de mécanismes de soutien.

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