FÉVRIER 2010 • PERSPECTIVES
Aussi improbable que cela puisse sembler, c’est la crise du SRAS qui a orienté Karen Michelsen vers la flamme olympique.
Lorsque la maladie mortelle a frappé l’Ontario en 2003, Karen Michelsen travaillait aux soins intensifs en médecine-chirurgie, à l’Hôpital St. Michael’s, au centre-ville de Toronto. Au cours de la deuxième vague, elle faisait partie de l’équipe qui traitait les patients les plus gravement atteints. Par la suite, dans le sillage du SRAS, lorsqu’elle a essayé ensuite de comprendre ce qu’elle ressentait, Karen Michelsen a décidé qu’un changement s’imposait : « Je pensais avoir beaucoup fait en soins infirmiers et que je devais essayer de profiter davantage de la vie. » Elle avait déjà travaillé dans toutes sortes de contextes cliniques, donné de la formation, géré du personnel, publié des articles, organisé des ateliers et des conférences et remporté des prix de recherche en sciences infirmières au Canada et aux États-Unis.
L’athlétisme était la meilleure façon pour elle de célébrer la vie. Elle avait déjà une bonne base puisqu’elle avait commencé à s’entraîner pour un marathon. Lorsqu’elle a demandé à porter le flambeau olympique, la liste de ses exploits athlétiques était déjà longue : première Canadienne à courir un marathon sur tous les continents; première femme à recevoir le titre de Reine Rapa Nui (pour le meilleur résultat chez les femmes au triathlon de l’île de Pâques : marathon, bicyclette et course de vitesse) et seule femme à terminer la course cycliste extrême du Pôle Nord 2007 (42 kilomètres). De plus, elle est membre du Club de ski Toronto-Nord, ceinture brune avancée au Northern Karate Schools et fait du bénévolat auprès d’athlètes handicapés.
Lorsqu’elle a offert de faire du bénévolat sur place aux Jeux (elle aidera les skieurs alpins à se rendre au site des compétitions et à en revenir), le comité lui a suggéré de demander à porter aussi le flambeau. Elle n’a pas hésité.
Lorsque ses collègues ont appris la nouvelle, ils ont tout de suite cherché des moyens de photographier la course à relais et de prévenir les médias. Karen Michelsen est passée par Cobourg (Ont.), peu après 17 h, le 15 décembre. « J’étais renversée! Il y avait tellement de monde que je ne pouvais en croire mes yeux. », se rappelle-t-elle, estimant qu’au moins 100 personnes étaient venues l’appuyer. Elle a distribué des mini-flambeaux et essayé d’embrasser du regard les pancartes que les enfants avaient faites pour l’encourager et les bannières de ses partisans, y compris l’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario. « Le flambeau olympique inspire tant les porteurs de la flamme que les spectateurs à propager l’esprit olympique. »
L’expérience ne s’est pas terminée là. Karen Michelsen a parlé de sa course et de l’esprit qui l’anime dans des exposés au travail et dans la communauté. Elle apportait toujours le flambeau avec elle et en décrivait la fabrication (« Vous ne pouvez pas imaginer toute la réflexion suscitée par sa conception! »). Elle croit qu’en suivant le Guide d’activité physique canadien pour une vie active saine, les Canadiens peuvent appuyer l’esprit des Jeux de 2010. « Le flambeau m’a permis de donner de la formation sur la santé dans la communauté, au niveau primaire, ce que mon travail aux soins intensifs ne me donne pas souvent l’occasion de faire. »
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23 novembre – Infirmier, athlète et artiste accompli, Alvin Richard a été un des trois porteurs du flambeau à franchir un kilomètre dans la minuscule localité de Cap-Pelé (N.-B.). « Le village au complet était là, y compris les écoliers », affirme-t-il. Porter le flambeau une deuxième fois était émouvant; Alvin Richard est certain d’avoir besoin d’une boîte de papier-mouchoir lorsqu’il regardera la flamme arriver à Vancouver en février. « Lorsque j’ai porté le flambeau à l’automne de 1987 [avant les Jeux de Calgary], l’esprit olympique s’est allumé en moi, et il y brûle depuis. » Cette fois, son fils de 14 ans nommé en l’honneur de Jean-Luc Brassard, médaillé d’or de 1994, a contribué au moment le plus mémorable : lorsque le flambeau a été allumé et que la foule a entonné l’hymne national, il se tenait au côté de son père, arborant l’uniforme que portait celui-ci pendant le parcours de la flamme olympique à Calgary. Alvin Richard a apporté le flambeau à ses collègues et à plusieurs patients de la clinique externe de l’Hôpital régional Dr Georges L. Dumont de Moncton. « Porter le flambeau est tout un honneur, affirme-t-il, mais le partage de l’esprit olympique est encore mieux ». |
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14 décembre – Infirmier en santé publique, Mario Pinard travaille pour le Bureau de santé de l’Est de l’Ontario. Il aime regarder ses enfants pratiquer des sports et participer à des courses et des triathlons locaux. Lorsqu’il a été choisi pour porter le flambeau, il a créé un blogue (Olympic Torch Mario) pour y afficher une vidéo de ses préparatifs. « Vous m’avez tous réchauffé le cœur et mis les larmes aux yeux. Vous avez aussi ajouté quelques rides permanentes à mon sourire », a-t-il déclaré aux partisans après avoir terminé son parcours à Morrisburg (Ont.). « Mais par-dessus tout, la plupart d’entre vous étaient présents de corps ou d’esprit pour célébrer, et je n’oublierai jamais l’expérience. » « Aujourd’hui, j’ai couru et fait quelque chose de spécial. J’ai pu vous représenter tous, Canadiens extraordinaires qui m’avez manifesté votre appui, écrit-il sur son blogue. Je suis honoré d’avoir pu représenter d’aussi grands citoyens! » |
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22 décembre – « Il ne doit pas y avoir plus d’une chance sur un milliard de voir trois membres d’une même famille porter le flambeau », déclare Jane LeDressay, infirmière de l’Hôpital Norfolk General de Simcoe (Ont.). Elle n’oubliera jamais les salves d’applaudissements sur son passage. « Vers la fin, j’ai fait une pause pour sentir la chaleur de la flamme sur mon visage », se rappelle-t-elle. Jane LeDressay et son époux George ont posé leur candidature en même temps, mais elle a reçu la réponse une semaine avant lui. Les deux appuient activement les Jeux olympiques et les sports d’hiver locaux. Depuis plus d’une décennie, ils organisent d’ailleurs des compétitions de patinage artistique dans le sud-ouest de l’Ontario. « La population locale est une telle source d’inspiration! J’espère simplement que tous ceux qui voulaient toucher le flambeau ou prendre une photo ont pu le faire », déclare-t-elle. En famille, elle a regardé sa fille Nicole, infirmière elle aussi, terminer son parcours à Thunder Bay deux semaines plus tard : « Nous avons revécu le nôtre, mais surtout, nous avons véritablement senti l’esprit rassembleur du flambeau. » |










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